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Classement mondial de la corruption : quels pays reculent en 2025 ?

Un nouveau rapport mondial alerte sur la hausse de la corruption

L’indice de perception de la corruption 2025 publié par Transparency International révèle une dégradation préoccupante du phénomène à l’échelle planétaire. Même les démocraties les plus stables subissent un recul de leur intégrité institutionnelle, dans un contexte de défaillance du leadership politique et de pression sur les contre-pouvoirs.

Sur les 182 pays et territoires analysés, l’étude évalue leur niveau de corruption perçue dans le secteur public selon une échelle allant de 0 (très corrompu) à 100 (très intègre). Un constat alarmant s’impose : plus des deux tiers des nations obtiennent un score inférieur à 50/100.

L’Afrique subsaharienne en tête des régions les plus touchées

Avec une moyenne régionale de seulement 32/100, l’Afrique subsaharienne se positionne comme la zone la plus affectée par la corruption dans le monde. Parmi les 4 pays dépassant les 50 points (Seychelles, Cap-Vert, Rwanda, Botswana), aucun n’est francophone. Les écarts entre les États africains restent considérables, reflétant des politiques différenciées en matière de transparence.

En Afrique de l’Ouest francophone, la note moyenne atteint 34,2/100. Le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire se distinguent par des réformes administratives notables, contrairement à la Guinée, où l’organisation souligne des faiblesses structurelles et un environnement civique restreint.

Le Sahel et l’Afrique centrale francophone : des scores préoccupants

Dans le Sahel, les pays francophones affichent des performances en dessous de la moyenne mondiale. Les tensions sécuritaires et politiques, couplées à des institutions fragilisées, créent un terreau propice aux dérives. Le Burkina Faso mène le classement régional avec 40 points, mais reste loin du seuil d’intégrité (50/100). Pour comparaison, le Niger (31/100), le Mali (28/100) et le Tchad (22/100) enregistrent des scores encore plus bas.

En Afrique centrale francophone, la situation se dégrade davantage sous l’effet des conflits persistants, comme dans l’est de la République démocratique du Congo (20/100), où l’État perd le contrôle de vastes territoires au profit de groupes armés. Le Burundi (17/100) confirme cette tendance, tandis que le Rwanda, avec ses 58 points, fait figure d’exception notable.

Point clé : aucun pays francophone n’atteint le seuil d’intégrité élevée (70/100), selon les critères de Transparency International.

L’Europe face à la corruption : l’Allemagne en tête, la France en retrait

À l’échelle européenne, l’Allemagne se classe 10e mondiale avec 77 points, devançant de loin la France (66/100), reléguée à la 35e place. François Valérian, président de l’organisation, met en lumière les lacunes persistantes dans l’application des lois anticorruption : « Les textes existent, les organismes dédiés aussi. Pourtant, leur efficacité est limitée par un manque d’indépendance et de moyens financiers. »

Il dénonce également « l’insuffisance d’engagement de certains gouvernements, notamment dans les pays du Nord, qui sous-estiment la gravité du phénomène ».

Renforcer l’indépendance de la justice pour lutter contre la corruption

L’étude souligne que les démocraties avancées enregistrent un recul de leurs performances en matière de lutte contre la corruption, une tendance observée même aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe. Cette situation appelle des mesures urgentes, selon Transparency International :

  • Un système judiciaire indépendant des pouvoirs exécutifs et des intérêts privés ;
  • Des ressources humaines et financières suffisantes pour garantir une action efficace ;
  • Une harmonisation des législations, comme en témoigne la récente directive anticorruption adoptée par l’Union européenne.

Des avancées sont attendues, mais leurs effets ne se feront sentir qu’à moyen terme. En attendant, la lutte contre la corruption reste un défi mondial majeur, exigeant une mobilisation sans faille des États et de la société civile.