Ousmane Sonko clarifie la session parlementaire et lance cinq grandes réformes
Ousmane Sonko clarifie la session parlementaire et lance cinq grandes réformes
Alors que les critiques fusent autour de la convocation d’une session parlementaire extraordinaire, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, est intervenu pour rétablir les faits et tracer la voie à suivre. Lors de l’ouverture des travaux ce lundi, il a rappelé le cadre légal des débats, détaillé l’ordre du jour et balayé les accusations d’amalgames. Entre cinq textes législatifs à examiner et la mise en place de six commissions d’enquête, cette session s’annonce sous haute tension, avec des figures de l’opposition comme Thierno Alassane Sall et des prises de position acerbes du ministre conseiller présidentiel, Aldiouma Sow.
Cinq textes législatifs majeurs au cœur des débats
Ousmane Sonko a ouvert le feu en présidant la séance inaugurale de cette session extraordinaire. Il a affirmé avec détermination que le parlement mènera ses travaux jusqu’à leur terme. Cinq projets de loi, dont trois issus du gouvernement et deux portés par les députés, composeront l’ordre du jour. Parmi eux, le projet de loi n°15-2026 sur le Code du travail, le projet de loi n°16-2026 sur le Code de la sécurité sociale et le projet de loi n°25-2026 relatif à la protection des infrastructures critiques et à la cybersécurité retiennent particulièrement l’attention.
Deux propositions de loi, elles, suscitent un vif intérêt : la proposition n°33-2026 modifiant l’article 37 de la Constitution et la proposition n°34-2026 sur le régime juridique des crédits spéciaux. Ces textes bénéficieront d’une procédure accélérée, à la demande de leurs auteurs, tandis que la Conférence des présidents fixera le calendrier détaillé des travaux.
Six commissions d’enquête pour éclairer les zones d’ombre
En parallèle, six commissions d’enquête parlementaire seront créées pour investiguer sur des sujets sensibles. Leurs missions porteront sur la gestion du foncier, les cessions d’immeubles appartenant à l’État, l’utilisation des mécanismes financiers comme les TRS, ainsi que les irrégularités du programme “Un étudiant, un ordinateur”. Elles devront également examiner les abandons de recettes, la gestion des exonérations fiscales et les conditions d’attribution des licences de pêche.
Un délai de six mois pour chaque commission
Ousmane Sonko a tenu à lever toute ambiguïté concernant la durée des travaux. « Il n’a jamais été question que les commissions d’enquête se réunissent et bouclent leur mission en quinze jours », a-t-il précisé. Conformément à l’article 55 du règlement intérieur, chaque commission comptera au maximum onze députés, désignés proportionnellement aux groupes politiques. Une fois la résolution adoptée en plénière à la majorité absolue, sans débat, la commission élira son bureau, composé d’un président, de deux vice-présidents et d’un rapporteur.
« Elles disposeront de six mois, au maximum, pour accomplir leur mission et remettre leur rapport au Bureau de l’Assemblée nationale », a-t-il insisté. Il a rappelé que l’article 58 autorise la poursuite des travaux en dehors des sessions. « J’ai tenu à clarifier ces points pour éviter toute confusion », a-t-il conclu.
Un cadre légal incontestable pour la session
Le président de l’Assemblée nationale a également répondu aux détracteurs qui remettaient en cause la légitimité de la convocation de cette session extraordinaire. « Depuis sa convocation, de nombreuses informations erronées ont été diffusées », a-t-il souligné, s’appuyant sur la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée. D’après l’article 7 de ce texte, une session peut être convoquée par décision du Bureau, à la demande écrite de la majorité des députés ou à l’initiative présidentielle. Ceux qui affirment que le Bureau n’est pas habilité à le faire n’ont tout simplement pas compris la procédure, selon Ousmane Sonko.
Thierno Alassane Sall contre-attaque sur la scène politique
Malgré ces clarifications, l’opposition n’a pas désarmé. Thierno Alassane Sall, député non inscrit présent en séance, a profité de l’occasion pour aborder un autre sujet brûlant : l’organisation des prochaines élections locales. Il a critiqué les propos d’Ousmane Sonko dans le Jolof, qui accusait l’opposition de chercher à reporter le scrutin. « Tout le monde sait que le Front Démocratique Républicain exige des élections à date fixe. Le scrutin doit se tenir, et il est nécessaire d’échanger avec tous les acteurs politiques pour comprendre les retards. C’est ça, la démocratie et la transparence », a-t-il déclaré.
Il est également revenu sur la dissolution de l’Assemblée en 2024, dénonçant l’opacité autour des avis du Conseil constitutionnel. « Ils possédaient la réponse, et j’ai sollicité la publication de la décision. Mais les sept sages ont refusé. Parfois, le Conseil constitutionnel agit comme bon lui semble. Cette fois encore, le président l’a demandé. Qu’il rende sa décision publique », a-t-il exigé, avant d’ajouter : « Arrêtons de nous fatiguer mutuellement. Nous sommes tous d’accord : les élections doivent se tenir à date fixe. »
Sur la question des fonds politiques, Thierno Alassane Sall a pointé du doigt le manque de transparence de l’Assemblée nationale, exhortant Ousmane Sonko à donner l’exemple depuis l’hémicycle.
Fronde politique et accusations de gestion « messianique »
Sur le terrain politique, Aldiouma Sow a également pris la parole pour critiquer la majorité parlementaire. Via sa page Facebook, il a fustigé l’absentéisme lors de l’ouverture de la session, qualifiant les 34 % d’absents de « signal d’un profond malaise » au sein de la majorité. « Nous assistons à un désaveu irréversible d’une gestion messianique de l’hémicycle, dont le pronostic vital est engagé », a-t-il écrit, évoquant une « usurpation » des rôles par des « carriéristes recyclés en conseillers techniques ». Pour lui, cette situation annonce la fin d’une législature marquée par des luttes de pouvoir internes.