Tentative de coup d’État au Bénin : talon maintenu malgré une annonce des militaires
Une tentative de coup d’État a éclaté ce dimanche 7 décembre au matin au Bénin, après qu’un groupe de militaires se faisant appeler le Comité militaire pour la refondation (CMR) a annoncé à la télévision publique avoir « démis de ses fonctions » le président Patrice Talon. Pourtant, une source proche du chef de l’État a immédiatement démenti cette annonce, affirmant que celui-ci était en sécurité et que l’armée régulière reprenait progressivement le contrôle de la situation.
Patrice Talon, qui doit quitter le pouvoir en avril 2026 après deux mandats, dirige cet État d’Afrique de l’Ouest reconnu pour sa croissance économique, mais confronté à des défis sécuritaires majeurs, notamment dans sa région septentrionale où les violences djihadistes persistent. Depuis 2020, plusieurs pays du Sahel, dont le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée et dernièrement la Guinée-Bissau, ont connu des renversements de régime par des militaires, accentuant l’instabilité régionale.
Dès l’annonce des putschistes, une source militaire a rassuré : « Les putschistes ne contrôlent ni la résidence du président ni la présidence. La situation est sous contrôle, et l’armée travaille à rétablir l’ordre. Le nettoyage des zones occupées suit son cours. » Une autre source, liée à l’entourage présidentiel, a qualifié l’action du CMR de « simple prise de contrôle temporaire des médias », soulignant que « la ville de Cotonou et l’ensemble du pays restent sécurisés ».
L’ambassade de France au Bénin a également réagi en signalant des « coups de feu entendus à proximité de la résidence présidentielle à Cotonou », invitant les ressortissants français à rester chez eux par précaution. Aucune présence militaire inhabituelle n’a été observée à l’aéroport ou dans le reste de la ville, où la population a poursuivi ses activités normales.
zones verrouillées et accès restreints
Dès le début de la journée, des militaires ont bloqué l’accès à la télévision nationale et à la présidence. Plusieurs lieux stratégiques, dont l’hôtel Sofitel à Cotonou et les quartiers abritant des institutions internationales, ont été interdits au public. Cependant, aucun déploiement militaire n’a été signalé dans d’autres zones de la capitale économique, où la vie quotidienne suivait son cours.
Cette tentative de putsch survient dans un contexte politique tendu au Bénin. Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, est critiqué par une partie de l’opposition qui lui reproche un durcissement autoritaire, malgré des avancées notables en matière de développement économique. Son second mandat, qui doit s’achever en 2026, marque la fin de son passage à la tête du pays, conformément à la Constitution béninoise.