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Suspension massive d’associations au Burkina Faso : la junte justifie ses mesures

Le président de la transition burkinabè, Ibrahim Traoré. © Présidence du Faso

Au Burkina Faso, les autorités de transition ont annoncé la suspension de 811 associations et la dissolution de 118 autres depuis la mi-avril 2026. Ces mesures, prises au nom de la lutte contre le financement du terrorisme, reposent officiellement sur des dispositions légales en vigueur, sans que les détails ne soient précisés.

Parmi les associations concernées, celles œuvrant dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la promotion des droits des femmes ou encore de la religion sont particulièrement touchées. L’arrêté ministériel précise que seules les actions visant à régulariser leur situation administrative sont autorisées pendant la durée de la suspension.

Une loi controversée sur les associations

En juillet 2025, le capitaine Ibrahim Traoré a promulgué une loi encadrant strictement les associations, les ONG et les syndicats. Bien que ce texte réaffirme la liberté d’association, il l’assortit d’obligations rigoureuses : déclaration obligatoire, contrôle administratif renforcé et respect des normes légales. Les violations peuvent entraîner des sanctions allant jusqu’à la dissolution.

Pour le gouvernement, ces mesures visent à renforcer la transparence, à cartographier les acteurs de la société civile et à lutter contre le blanchiment d’argent ainsi que le financement du terrorisme. Une argumentation que les observateurs qualifient de répression ciblée contre les structures perçues comme critiques envers le pouvoir.

Des accusations de restriction des libertés

Les organisations internationales et les associations financées de l’extérieur sont souvent pointées du doigt par les autorités, accusées de collusion avec les groupes jihadistes. En avril 2026, Human Rights Watch a dénoncé une dérive autoritaire, estimant que cette loi permet à la junte de museler la société civile.

Cette politique s’inscrit dans un contexte plus large de restriction des libertés au Burkina Faso, où la junte militaire cherche à consolider son pouvoir sous couvert de sécurité nationale.