Junte au Burkina Faso suspend près de 1 000 associations pour lutte antiterroriste
Depuis la mi-avril 2026, les autorités du Burkina Faso ont pris une mesure exceptionnelle en suspendant 929 associations et en dissolvant 118 autres. Ces décisions, justifiées par un « non-renouvellement des instances dirigeantes », s’appuient sur des dispositions légales en vigueur, selon un communiqué officiel.
Parmi les associations concernées, on retrouve des structures actives dans des secteurs clés comme la santé, l’éducation, la promotion des droits des femmes, l’égalité de genre ou encore la religion. Un arrêté ministériel précise que « seules les démarches visant à régulariser leur situation administrative resteront autorisées » pendant toute la durée de la suspension.
Une loi controversée pour encadrer les associations
En juillet 2025, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État de transition, avait promulgué une loi renforçant le contrôle des associations, ONG et syndicats. Ce texte, qui réaffirme le droit d’association, l’assortit de contraintes strictes : déclarations obligatoires, contrôles administratifs accrus et conformité aux règles en vigueur. Les manquements peuvent entraîner des sanctions allant jusqu’à la dissolution.
Les objectifs affichés par les autorités sont multiples : renforcer la transparence financière, cartographier les acteurs de la société civile et surtout, lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Des accusations de répression contre la société civile
Les ONG internationales et les associations recevant des financements étrangers sont particulièrement dans le viseur du pouvoir. Elles sont régulièrement accusées de « collusion avec les groupes jihadistes » ou d’« espionnage ». Fin avril 2026, l’ONG Human Rights Watch avait dénoncé cette loi, la qualifiant de « prétexte pour intensifier la répression de la société civile ».
Cette mesure s’inscrit dans un contexte où les associations jouent un rôle crucial dans les secteurs sociaux et humanitaires, souvent en première ligne face aux défis sécuritaires et sociaux du pays.