Sénégal aux jeux olympiques de la jeunesse 2026 : défis et opportunités pour Dakar
Le Sénégal aux Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 : un défi continental à Dakar
Moins de six mois avant l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) 2026 à Dakar, le Sénégal est sous les projecteurs. Ce sera la première fois qu’un événement olympique se tient sur le continent africain, un jalon historique pour le pays et pour toute l’Afrique. Mais cette opportunité s’accompagne d’une pression sans précédent : celle de réussir un événement d’envergure mondiale, sous l’œil des médias internationaux et des millions de téléspectateurs.
Le sommet « Africa Forward », coorganisé par la France et le Kenya à Nairobi, aborde justement ce thème : le développement par le sport. Une thématique qui résonne particulièrement pour le Sénégal, dont la capitale, Dakar, s’apprête à accueillir 2 700 jeunes athlètes âgés de 17 ans maximum, répartis dans 25 sports et 153 épreuves (73 masculines, 73 féminines et 7 mixtes).
Un événement historique pour le Sénégal et l’Afrique
Les JOJ de Dakar 2026, initialement prévus en 2022 puis reportés en raison de la pandémie de Covid-19, représentent bien plus qu’une simple compétition sportive. Ils symbolisent une révolution pour le sport africain, avec des enjeux économiques, sociaux et culturels majeurs.
Le ministre d’État sénégalais Ahmadou al-Aminou Lo, à la tête du comité de veille des JOJ, en est bien conscient. Son rôle ? « Assurer la qualité des préparatifs » et lever les risques liés à l’organisation de cet événement. Dans une interview, il souligne : « Il en va de l’image du Sénégal et de l’Afrique. Nous avons l’obligation de démontrer que nous sommes capables d’organiser des événements sportifs d’envergure mondiale. »
Une organisation sous haute surveillance
Le comité de veille, qui se réunit deux fois par mois, rassemble tous les acteurs étatiques, locaux et institutionnels impliqués dans les travaux. Avec des délais incompressibles, chaque détail compte : sécurité, infrastructures, logistique, et même la propreté des sites, comme l’a rappelé le ministre : « Notre première médaille sera celle de la propreté. »
Dakar mise sur un plan ambitieux pour nettoyer et gérer les déchets, s’inspirant des bonnes pratiques de Kigali, classée première ville africaine la plus propre en 2025. Un défi de taille pour la capitale sénégalaise, qui n’occupe que la 17e position dans ce classement.
Un partenariat stratégique avec la France
Le lien entre les JO de Paris 2024 et les JOJ de Dakar 2026 est au cœur de la collaboration franco-sénégalaise. Une convention, signée en 2019, lie les deux comités d’organisation (Cojoj) pour un partage d’informations et de bonnes pratiques. Cette alliance, nommée Alliance Dioko, couvre des domaines clés comme le recrutement des bénévoles, la sécurisation des compétitions et la gestion des sites.
Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal, met en avant l’importance de ce partenariat : « Dans le cadre du partenariat avec le Sénégal, une trentaine d’experts de Paris 2024 ont été intégrés dans l’équipe de Dakar 2026. » Elle ajoute : « 419 jeunes ont été formés dans la Learning Academy pour apprendre l’organisation d’événements sportifs et acquérir un savoir-faire sur l’ensemble des équipements. »
Ce soutien s’accompagne d’un prêt souverain de l’Agence française de développement (AFD) de 80 millions d’euros, permettant la rénovation de plusieurs infrastructures, dont le Stade Iba-Mar-Diop et le complexe Tour de l’œuf, abritant la future piscine olympique.
Des infrastructures au service de l’héritage
À quelques mois de l’événement, les travaux battent leur plein dans le quartier du Point E, où se trouve le complexe Tour de l’œuf. Ce site accueillera les épreuves de basket 3×3, baseball, breaking et skateboard. Plus de 450 ouvriers sont mobilisés pour la rénovation des bassins, des tribunes et des infrastructures environnantes. Un premier remplissage-test des trois bassins est prévu pour le 15 mai, avec une remise des clés au comité d’organisation le 15 août.
L’ambition ne s’arrête pas là : après les JOJ, ce complexe doit devenir un pôle sportif pour la jeunesse sénégalaise, avec des terrains de football, basket, handball et tennis. Mais le défi reste entier : « Nous voulons que les JOJ soient un élément déclencheur en matière d’héritage pour notre jeunesse. » explique Ahmadou al-Aminou Lo. « Avec le développement de la formation, des centres d’excellence sport-études et la promotion de la haute compétition, nous visons à doubler la contribution du sport dans le PIB du Sénégal, actuellement de 15 millions d’euros. »
Un héritage économique et social
Le ministre souligne l’importance de l’agenda Sénégal 2050 : « La moitié de la population sénégalaise a moins de 19 ans. L’économie du sport est un élément central de notre développement. » Il évoque notamment l’industrie MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), qui pourrait tirer parti de l’organisation des JOJ pour booster le tourisme d’affaires.
L’ambassade de France soutient également des projets comme l’Académie de judo du lycée Lamine Gueye, avec un financement de 233 000 euros sur deux ans. Ce partenariat permet la rénovation de l’internat et du dojo, ainsi que l’accompagnement sportif et médical de jeunes judokas sénégalais.
Alors que les préparatifs avancent, le Sénégal et le continent africain se préparent à écrire une nouvelle page de l’histoire olympique. Entre fierté et pression, les JOJ de Dakar 2026 pourraient bien marquer le début d’une ère nouvelle pour le sport en Afrique.