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Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

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Analyses

Sahel : le vide sécuritaire, terreau du djihadisme mondial

La bande sahélo-saharienne est désormais l’épicentre du djihadisme planétaire. Du Mali occidental jusqu’aux abords du lac Tchad, des millions de civils subissent la domination de groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Interdiction de cultiver, lois sociales brutales, peur constante des raids… Le quotidien des populations est devenu un enfer. Mais le plus alarmant dans cette descente aux enfers n’est pas seulement la puissance des assaillants : c’est l’absence flagrante d’une véritable politique de sécurité pour endiguer l’incendie sahélien.

Le règne de la réaction et du coup par coup

Face à une menace interconnectée qui traverse les frontières poreuses du Sahel avec une agilité déconcertante, les réponses des États restent désespérément fragmentées et improvisées. On assiste à une succession de réactions à chaud après chaque massacre, plutôt qu’à l’application d’une doctrine militaire réfléchie et partagée.

Une politique sécuritaire digne de ce nom ne se résume pas à l’achat de matériel militaire ou à des effets d’annonce sur les réseaux sociaux. Elle nécessite :

  • Une coordination stratégique réelle et durable entre les États de la ligne de front.
  • Un plan de sécurisation permanent des axes routiers et des zones agricoles pour protéger l’économie rurale.
  • Un maillage territorial et un renseignement partagé capables d’anticiper les mouvements ennemis plutôt que de simplement constater les dégâts.

En lieu et place de cela, le vide stratégique actuel laisse le champ libre aux groupes armés, qui s’installent, lèvent l’impôt et s’imposent comme les seuls administrateurs de pans entiers du territoire sahélien.

Le piège du tout-militaire sans vision globale

L’autre symptôme de cette absence de politique sécuritaire est l’illusion que la crise se réglera uniquement par les armes. En oubliant le volet « sécurité humaine » – retour des services publics, écoles, dispensaires, justice impartiale – dans les zones fragiles, les gouvernements créent un appel d’air pour les recruteurs djihadistes.

Parce qu’il n’y a pas de vision à long terme pour réinstaller durablement l’État là où il a failli, les opérations militaires, même ponctuellement réussies, se transforment en coups d’épée dans l’eau. Dès que l’armée se replie ou change de zone, les groupes terroristes reviennent, plus forts et plus ancrés que jamais au sein des communautés locales.

Un sursaut urgent ou l’effondrement

Le constat dressé du Mali au lac Tchad est un avertissement sévère pour l’avenir de la région. On ne combat pas une insurrection globale et structurée avec de l’improvisation et des ruptures d’alliances stratégiques. Tant que les dirigeants du Sahel refuseront de concevoir une politique sécuritaire globale, scientifique et véritablement coordonnée, les discours politiques se suivront, pendant que le terrain, lui, continuera de glisser inexorablement entre les mains des groupes armés.