RDC : les civils paient le lourd tribut des violations des droits humains
Depuis lundi, la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies se tient à Genève, en Suisse. Ce rendez-vous annuel permet à l’ONU de faire le point sur la situation des droits humains à travers le monde.
En République démocratique du Congo, les abus persistent, notamment dans l’est du pays, où les populations civiles subissent de nombreuses exactions, y compris des frappes de drones. À l’ouest, des organisations de défense des droits humains signalent des arrestations arbitraires et des détentions dans des lieux non officiels.
Des violations documentées, mais des auteurs rarement poursuivis
Les organisations de défense des droits humains jugent très préoccupante la situation en RDC, tant dans l’est, partiellement contrôlé par l’AFC/M23, que dans l’ouest, administré par les autorités congolaises.
« Les Nations unies continuent de documenter ces violations, tout comme les organisations internationales et locales. Sur le territoire contrôlé par le gouvernement, des personnes sont détenues, soit dans des prisons officielles, soit dans des cachots clandestins, sans que l’on sache ce qui leur est reproché. Les responsables de ces abus sont rarement poursuivis », explique Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO). L’organisation ne cesse de dénoncer cette impunité.
La CNDH exige des sanctions contre l’AFC/M23
La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) estime que les violations les plus graves sont le fait de l’AFC/M23. Elle appelle la communauté internationale à prendre des sanctions contre ces rebelles.
« Nous déplorons les violations extrêmes des droits humains et les atteintes au droit à la vie dans les zones occupées par le M23. Ces actes touchent au cœur même des droits de l’homme. Bien sûr, sur l’ensemble du territoire, nous devons montrer à Genève qu’il s’agit aussi de violations, mais qui relèvent de la catégorie traditionnelle, nécessitant des conditions comme une économie forte », souligne Paul Nsapu, président de la CNDH.
Au-delà des discussions genevoises, les défenseurs des droits humains en RDC réclament des actes concrets. Pour eux, l’essentiel est la justice : documenter les abus, identifier les coupables et mettre un terme à l’impunité.