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RDc : l’épidémie d’ebola gagne une nouvelle province et menace le Soudan du Sud

rDc : l’épidémie d’ebola gagne une nouvelle province et menace le Soudan du Sud

professionnels de santé en tenue de protection contre Ebola en RDC

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (rDc), déjà qualifiée de plus meurtrière de l’histoire du pays, a franchi un nouveau cap inquiétant. Elle touche désormais une sixième province et menace de s’étendre au Soudan du Sud, pays voisin. Cette propagation accélérée suscite de vives craintes parmi les autorités sanitaires et les organisations humanitaires sur place.

Les autorités congolaises ont officiellement déclaré cette 17ᵉ épidémie le 15 mai, plusieurs semaines après son apparition. Les chiffres sont alarmants : en seulement trois mois, plus de 2 128 morts ont été recensés sur 4 566 cas confirmés, selon les derniers bilans officiels. Ces données dépassent déjà largement les bilans enregistrés lors des trois premiers mois de la pire flambée d’Ebola jamais observée sur le continent, celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014.

Une expansion rapide et des défis persistants

Jusqu’à présent, cinq provinces congolaises étaient concernées par l’épidémie : l’Ituri, frontalier de l’Ouganda et du Soudan du Sud, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Cependant, un décès lié à la maladie a été enregistré dans une sixième zone : le Bas-Uélé, situé au nord du pays et limitrophe de la République centrafricaine. Cette victime avait voyagé depuis le Haut-Uélé, où des cas avaient déjà été signalés.

Cette extension géographique s’accompagne d’une propagation du virus à un rythme sans précédent. « L’épidémie progresse à une vitesse alarmante », a alerté le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, lors d’une conférence en ligne avec des journalistes. Le bilan humain s’alourdit chaque jour, avec des chiffres sept fois plus élevés en termes de cas et cinq fois plus en mortalité que lors des trois premiers mois de la crise ouest-africaine de 2014.

Une menace imminente pour le Soudan du Sud

L’ONG Mercy Corps a lancé un avertissement urgent quant au risque de contamination du Soudan du Sud. « Les cas confirmés ne se trouvent plus qu’à 35 kilomètres de la frontière », a souligné l’organisation. Cette proximité géographique, couplée à l’existence de corridors de déplacement non sécurisés, crée un environnement propice à une propagation transfrontalière du virus.

Les obstacles à la riposte sanitaire sont nombreux : services de santé saturés, accès limité à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires adaptées, méfiance des populations locales et insécurité persistante dans certaines zones. Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les combats opposant l’armée congolaise aux groupes armés, notamment le M23 soutenu par le Rwanda, entravent gravement l’accès des équipes médicales aux communautés affectées.

Des avancées locales malgré les difficultés

Malgré ce contexte difficile, certaines bonnes nouvelles émergent. Les autorités sanitaires congolaises ont annoncé lundi la fin de l’épidémie dans le Sud-Kivu, après plus de 42 jours sans nouveau cas enregistré. Cette annonce intervient après une longue période de vigilance et de surveillance renforcée.

Un autre incident a été évité de justesse début août : un décès suspect d’Ebola avait été signalé à bord d’un bateau descendant le fleuve Congo en direction de Kinshasa. Après investigations, aucun autre cas n’a été détecté parmi les passagers, qui ont pu débarquer en toute sécurité près de la capitale congolaise.

Ebola, un fléau récurrent en Afrique

Depuis plus de cinq décennies, le virus Ebola a causé la mort de plus de 15 000 personnes sur le continent africain. Transmissible par contact avec les fluides corporels, il provoque une fièvre hémorragique souvent fatale. La gestion de cette épidémie en rDc reste donc un enjeu majeur pour la santé publique mondiale, alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) espère inverser la tendance à la hausse en l’espace de trois mois.