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Double crise dans l’est du Congo : ebola et insécurité alimentent la détresse

Double crise dans l’est du Congo : Ebola et insécurité alimentent la détresse

Dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo, des milliers de familles subissent une épreuve sans précédent. Entre l’épidémie persistante d’Ebola et l’insécurité chronique, les populations sont prises en étau entre deux menaces. Les déplacements forcés, les violences armées et l’effondrement des activités agricoles réduisent drastiquement l’accès aux terres, aux marchés et aux revenus. Face à cette situation, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) intensifie ses opérations d’assistance, distribuant vivres et semences à plus de 80 000 personnes malgré les contraintes sanitaires.

République démocratique du Congo | Distribution alimentaire par le CICR dans les zones de conflit (photo d'illustration)

Quand la maladie et la faim s’installent durablement

Les communautés de l’est du Congo doivent désormais composer avec une double urgence. D’un côté, l’épidémie d’Ebola, qui continue de fragiliser les systèmes de santé et d’isoler les populations. De l’autre, l’insécurité persistante, qui empêche l’accès aux champs et aux ressources vitales. Abdoule-Karim Diomande, chef des Programmes au CICR en République démocratique du Congo, explique comment cette conjonction de crises aggrave la précarité des ménages.

« Les violences et les déplacements forcés ont déjà profondément ébranlé les fondements socio-économiques des populations. Chaque nouvelle crise, qu’elle soit sanitaire ou sécuritaire, réduit davantage leur capacité à se relever. Les restrictions imposées pour contenir Ebola perturbent également les marchés et les échanges, privant les familles de leurs moyens de subsistance. Les plus vulnérables paient le prix fort », souligne-t-il.

Les terres cultivables se raréfient, les rendements chutent

Les zones agricoles autrefois prospères sont aujourd’hui abandonnées ou surexploitées. Les agriculteurs, contraints de se réfugier dans des zones plus sûres, se concentrent sur des parcelles limitées, accélérant l’appauvrissement des sols. Les services d’accompagnement agricole, essentiels pour améliorer les techniques culturales, sont souvent inaccessibles en raison des violences.

« Dans les régions frontalières, la fermeture des frontières étouffe les échanges commerciaux dont dépendent de nombreuses familles. Les restrictions sanitaires, bien que nécessaires, aggravent cette situation en limitant encore davantage la mobilité et les opportunités économiques », ajoute Abdoule-Karim Diomande.

L’assistance humanitaire, un filet de sécurité indispensable

Face à cette crise multidimensionnelle, les opérations du CICR prennent une dimension critique. En distribuant vivres et semences, l’organisation permet à des milliers de personnes de survivre malgré l’effondrement des activités économiques locales. Ces interventions, bien que temporaires, offrent un répit essentiel aux populations les plus touchées.

« Chaque distribution représente un espoir pour des familles qui, sans cela, n’auraient d’autre choix que de migrer ou de sombrer dans la précarité extrême. L’objectif est clair : éviter que l’épidémie d’Ebola et l’insécurité ne transforment une crise humanitaire en catastrophe durable », conclut Abdoule-Karim Diomande.