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Ousmane Sonko dévoile les raisons de son éviction de la Primature

Le récit inédit d’Ousmane Sonko sur sa sortie du gouvernement

L’ancien chef du gouvernement et figure incontournable du parti Pastef, Ousmane Sonko, a partagé pour la première fois une version détaillée des événements ayant conduit à sa révocation de la Primature. Lors d’une intervention publique, il a exposé les tensions qui ont marqué la fin de sa collaboration avec le président Bassirou Diomaye Faye.

Ousmane Sonko a révélé que l’étincelle finale s’est produite le vendredi 25 mai, à l’issue de sa prise de parole à l’Assemblée nationale. « Le président m’a convoqué pour un entretien. Lors de notre échange, il m’a fait part de sa décision de mettre fin à notre collaboration. Selon lui, mes déclarations à l’hémicycle avaient engendré des difficultés majeures », a-t-il expliqué.

L’ex-Premier ministre a souligné avoir évoqué à plusieurs reprises, en présence de témoins, la possibilité de quitter l’Exécutif. « Après les législatives, j’ai rencontré le président à trois reprises. Je lui ai clairement indiqué que si ma présence gênait sa politique, je pouvais retourner siéger à l’Assemblée pour faciliter notre coopération. Mais il a toujours catégoriquement refusé cette option », a-t-il précisé.

Des signaux avant-coureurs d’une rupture politique

Ousmane Sonko a évoqué des indices laissant présager une crise au sommet de l’État. « J’avais remarqué des signes troublants. Je les lui ai signalés lors de notre dernière entrevue. À la Primature, j’étais sous sa tutelle directe. Il souhaitait que je prenne l’initiative de la rupture et que je présente une démission en bons termes. J’ai catégoriquement refusé cette manœuvre », a-t-il confié.

Deux options proposées pour éviter l’impasse

Face à cette situation, le leader du Pastef a proposé deux pistes au président : son retour à l’Assemblée nationale pour permettre à la majorité de désigner un nouveau Premier ministre, ou la poursuite des négociations pour aboutir à un accord mutuel. À défaut, il estimait que le chef de l’État devait assumer pleinement la décision de son limogeage.

Un départ annoncé dans l’urgence

Selon son témoignage, le président Bassirou Diomaye Faye lui avait promis de reprendre les discussions après une visite officielle à l’Archevêché de Dakar pour les fêtes de la Pentecôte. « Il m’avait assuré qu’il me recontacterait à son retour. Pourtant, à 20h35, j’ai reçu un message m’informant de ma révocation. J’ai immédiatement accepté cette décision », a-t-il déclaré.

Quelques minutes plus tard, Ousmane Sonko a découvert l’annonce officielle de son départ, diffusée par le Secrétaire général de la Présidence. « Un quart d’heure après, la déclaration était rendue publique. J’ai alors préparé mes affaires pour regagner la Cité Keur Gorgui, que j’avais quittée avec regret », a-t-il conclu.