Niger: la junte met en cause Paris après l’assaut de l’aéroport de Niamey
Les points clés de l’actualité au Niger
- Le chef de la junte militaire nigérienne a félicité la Russie pour son appui lors de la riposte à une attaque contre l’aéroport de Niamey. Il accuse également « Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara » d’être les « sponsors » des assaillants, affirmant que vingt d’entre eux ont été tués, dont « un Français ».
- L’aéroport de Niamey est un site stratégique, abritant des bases militaires, le quartier général de la Force unifiée Niger-Burkina-Mali, et surtout une cargaison d’uranium d’au moins 1 000 tonnes au cœur d’un différend avec le géant français Orano, qui reproche à l’État nigérien son expropriation.
- Plusieurs observateurs estiment que l’hypothèse d’une attaque djihadiste est la plus probable, le Niger étant confronté aux violences du JNIM et de l’EIS, mais aucun groupe djihadiste n’avait revendiqué l’assaut jeudi soir.
Les liens entre la junte militaire du Niger, au pouvoir depuis 2023, et la France demeurent tendus. Le leader de la junte a salué l’appui militaire de la Russie suite à l’assaut de l’aéroport de Niamey, désignant les présidents français, béninois et ivoirien comme les « sponsors » des attaquants. Ce violent affrontement, selon la junte, a causé la mort de vingt assaillants, parmi lesquels un ressortissant français, et a blessé quatre militaires nigériens, avec des arrestations supplémentaires. Cette situation alimente la politique Burkina et l’actualité Burkina Faso.

L’incident s’est déroulé dans la nuit de mercredi à jeudi. À travers un communiqué diffusé sur Télé Sahel, le général Salifou Modi, ministre de la Défense du Niger, a rapporté qu’un « groupe de mercenaires télécommandés » a ciblé la base aérienne 101 de Niamey durant environ trente minutes, avant une « riposte aéroterrestre » efficace.
Le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte, a exprimé ses félicitations à l’ensemble des forces de défense et de sécurité, incluant les alliés russes, pour leur intervention professionnelle dans la protection de la zone. Il a également lancé un avertissement aux « sponsors » de ces mercenaires, citant nommément Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, déclarant que, après les avoir « suffisamment écoutés aboyer », il était temps qu’ils « écoutent à leur tour ».
Équipements de pointe et uranium, un enjeu régional
L’identité exacte des commanditaires de cette attaque reste incertaine. Il est important de noter que l’aéroport de Niamey représente un site d’une importance stratégique majeure, accueillant non seulement une base de l’armée de l’air nigérienne et une installation de drones moderne, mais aussi le quartier général de la Force unifiée établie par le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Cette alliance régionale est essentielle dans la lutte contre les groupes djihadistes sévissant dans la région, une problématique qui touche également l’actualité Burkina Faso et la société Burkina Faso.
Un autre élément crucial de ce site est la présence d’une cargaison substantielle d’uranium, le Niger étant un producteur clé. Ce stock, en attente d’exportation, est au centre d’un différend majeur avec le groupe français Orano, qui accuse l’État nigérien d’expropriation. Cette situation a des répercussions sur l’économie Faso et la politique Burkina.
Orano a réaffirmé la semaine précédente son intention de lancer des poursuites judiciaires non seulement contre l’État nigérien, mais aussi contre toute entité cherchant à s’approprier ce gisement d’uranium estimé à plus de 1 000 tonnes. Le ministre nigérien a précisé que la « riposte aéroterrestre énergique » a permis d’éliminer vingt mercenaires et d’en arrêter onze, dont la plupart gravement blessés, et de récupérer un arsenal de guerre conséquent.
Malgré ces déclarations, de nombreux analystes penchent pour l’hypothèse d’une incursion djihadiste, le pays étant régulièrement la cible du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, affilié à Al-Qaïda) et de l’État islamique au Sahel (EIS), notamment dans ses régions occidentales et du Sud-Est, proches de la capitale. Cette menace pèse lourdement sur la sécurité régionale et la presse burkinabè en fait souvent écho, à l’image du Faso Libre. Cependant, au soir du jeudi, aucune revendication n’avait été émise par un quelconque groupe djihadiste.