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Mali : des frappes russes tuent huit civils dans un village du centre

Des victimes innocentes dans une attaque attribuée à l’Africa Corps

Le 15 juin 2026, des frappes aériennes menées par l’Africa Corps, sous contrôle russe, ont frappé le village de KyRnia, situé dans la région de Mopti, au centre du Mali. Ces attaques, officiellement présentées comme ciblant des groupes armés, ont en réalité coûté la vie à huit civils, dont trois enfants. Selon des témoignages recueillis sur place, les deux bombes larguées ont principalement touché des zones civiles, laissant derrière elles un bilan humain tragique.

Un bilan humain accablant

La première munition a frappé la résidence du chef du village, tuant deux de ses enfants, sa femme et un autre enfant. Une femme a également été grièvement blessée. La seconde bombe a détruit un marché aux bestiaux à proximité, faisant quatre morts parmi les commerçants et deux blessés graves. Aucun combattant n’était présent parmi les victimes, confirmant l’impact disproportionné de cette attaque sur des civils.

Des témoignages poignants

Un commerçant de 35 ans a décrit le passage de l’avion : « C’était un avion de chasse, très rapide, volant bas d’ouest en est. Il a largué une bombe en forme de boule de feu, et j’ai couru me réfugier sous un arbre. » Un éleveur de vaches, présent au marché au moment de l’explosion, a témoigné : « Le marché était en désordre, des étals étaient projetés à plusieurs mètres, des bœufs et des moutons déchiquetés gisaient partout. »

Un autre habitant a évoqué la découverte macabre des corps : « La deuxième épouse du chef était morte, ses bras arrachés. Puis nous avons trouvé les corps des deux enfants et d’un autre garçon projeté sur le toit par l’explosion. »

Des preuves accablantes

Des images satellites et une vidéo publiée par l’Africa Corps confirment la localisation des frappes à KyRnia. Deux cratères d’environ 12 mètres de diamètre, visibles dans la partie sud du village, attestent de l’utilisation de munitions aériennes lourdes. Neuf étals du marché ont été entièrement détruits, et plusieurs habitations ont été endommagées. Aucune trace de combattants n’a été relevée sur les sites frappés.

Un contexte militaire controversé

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, contrôle KyRnia depuis six ans. Des témoins ont affirmé qu’une centaine de ses combattants se trouvaient dans le village au moment des frappes, principalement à la mosquée ou près du magasin du chef. Cependant, ni la mosquée ni le magasin n’ont été touchés. Le GSIM stocke parfois des armes dans ce magasin, propriété du chef du village, un commerçant aisé. Un pick-up similaire à ceux utilisés par le groupe était garé devant sa résidence, bien que ses trois fils combattant pour le GSIM ne se trouvaient pas sur place au moment de l’attaque.

Le 23 juin, l’Africa Corps a revendiqué sur ses réseaux sociaux une frappe réussie contre un « lieu de rassemblement de groupes terroristes » dans la région de Mopti, publiant une vidéo des impacts. Une analyse géolocalisée a confirmé que ces images correspondaient bien aux événements de KyRnia.

Des responsabilités à assumer

L’attaque soulève de graves questions sur le respect du droit international humanitaire. Les frappes semblent avoir été menées sans distinction claire entre civils et combattants, ni prise en compte des risques pour la population locale. Le droit de la guerre interdit en effet les attaques indiscriminées ou disproportionnées, ainsi que les ciblages de biens civils.

Les autorités maliennes, qui collaborent étroitement avec les forces russes, sont tenues d’enquêter sur cet incident et de sanctionner les responsables. « Le gouvernement malien ne peut se soustraire à ses obligations en invoquant les agissements de ses alliés », a rappelé une enquête indépendante. « Une junte qui ferme les yeux sur de tels crimes se rend complice de ces violations. »

Une surveillance préalable documentée

Des témoins ont confirmé qu’un drone avait survolé KyRnia la veille des frappes, suggérant une préparation minutieuse de l’opération. « J’ai vu un drone faire plusieurs tours au-dessus du village vers 16h30, avant de repartir », a déclaré un éleveur de chameaux. Cette observation renforce l’hypothèse d’une attaque ciblée, mais mal exécutée, entraînant des pertes civiles évitables.

Conclusion : l’urgence d’une enquête impartiale

Alors que le Mali reste en proie à une insécurité persistante depuis 2012, les frappes de l’Africa Corps illustrent les dangers d’une militarisation accrue du conflit. L’implication directe de la Russie, via des structures comme l’Africa Corps, soulève des inquiétudes quant au respect des normes internationales. La junte malienne doit désormais prouver sa volonté de protéger les civils et de faire la lumière sur ces exactions.