L’union européenne valide l’accord aérien avec le Maroc mais exclut le Sahara occidental
une décision technique aux implications politiques
L’actualisation de l’accord aérien entre l’Union européenne et le Maroc, adoptée récemment par les eurodéputés, s’inscrit dans une logique de conformité juridique. Ce texte, purement technique, intègre simplement les conséquences de l’adhésion de la Croatie à l’UE, sans élargir le périmètre territorial initialement défini. Pourtant, cette approbation par le Parlement européen, obtenue à une large majorité de 625 voix pour, 16 contre et 20 abstentions, relance le débat sur la cohérence entre les principes affichés et les pratiques observées.
le Sahara occidental reste en marge de l’accord
La Cour de justice de l’Union européenne a tranché : les accords conclus entre Bruxelles et Rabat ne peuvent s’appliquer au Sahara occidental, territoire non reconnu comme partie intégrante du Maroc. Dès 2018, la CJUE a rappelé que tout accord doit respecter les frontières internationalement admises, sauf accord explicite de la population locale. La Commission européenne a réitéré cette position, précisant que l’accord aérien ne couvre pas les liaisons entre l’Europe et le territoire disputé.
Pourtant, malgré cette clarté juridique, des compagnies aériennes européennes maintiennent des vols vers Dakhla et d’autres aéroports du Sahara occidental. Ryanair, par exemple, opère des liaisons directes depuis plusieurs villes européennes, en dehors de tout cadre légal. D’autres transporteurs, comme Transavia (filiale de KLM-Air France), Air Arabia et Binter Airlines, ont également exploité ces routes ces dernières années. La Royal Air Maroc, compagnie nationale marocaine, complète cette liste.
des contradictions persistantes
Les critiques soulignent un paradoxe : alors que les institutions européennes affirment respecter le droit international, certaines de leurs actions semblent le contourner. Les eurodéputés opposés au protocole ont dénoncé cette faille, estimant que la Commission n’a pas suffisamment encadré les activités des transporteurs. Le risque ? Une violation des principes fondamentaux de l’UE, notamment en matière de respect du droit et de souveraineté territoriale.
Cette situation interroge : comment concilier les déclarations officielles et les pratiques concrètes ? La réponse pourrait bien déterminer l’avenir des relations entre l’Europe et le Maroc, dans un contexte géopolitique déjà tendu.