Mali : procès de proches de bah n’daw pour complot présumé
Six ans après le début de la transition au Mali, l’examen d’un dossier sensible s’ouvre aujourd’hui devant les chambres criminelles de Bamako. Accusés de tentative de complot contre les institutions, six personnalités, dont d’anciens collaborateurs de l’ex-président de transition Bah N’Daw, comparaissent devant la justice. Parmi eux figurent le colonel Kassoum Goïta, ex-chef des services de renseignement, et Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la présidence, tous deux détenus depuis 2021.
Des profils variés face à des accusations floues
Le groupe, composé de trois civils et trois militaires, est poursuivi pour « tentative de déstabilisation des autorités ». Pourtant, les faits précis reprochés restent dans l’ombre, aucune preuve tangible n’ayant été rendue publique par les autorités judiciaires. Parmi les accusés, on retrouve également un adjudant-chef, un commissaire de police, un homme d’affaires et un marabout, reflétant la diversité des milieux concernés.
Kalilou Doumbia occupait un poste clé lors de la première phase de la transition, entre les coups d’État d’août 2020 et mai 2021. Quant au colonel Kassoum Goïta, il dirigeait alors la Sécurité d’État, sans lien de parenté avec le général Assimi Goïta, actuel président de transition. Leur arrestation, intervenue en 2021, marque le début d’une procédure judiciaire qui s’étire depuis plus de deux ans.
Un procès instrumentalisé selon la défense
Les avocats des accusés dénoncent une instrumentalisation politique du dossier. Pour eux, ces poursuites ciblent des individus en raison de leur proximité avec Bah N’Daw, renversé lors du second coup d’État de mai 2021. Cette thèse est renforcée par le fait que deux des prévenus, dont Doumbia, avaient bénéficié d’un non-lieu en 2022, sans pour autant recouvrer leur liberté.
En janvier 2023, la cour d’appel a finalement ordonné leur renvoi devant les juridictions criminelles, prolongeant une détention préventive jugée excessive. Depuis, toutes les demandes de mise en liberté provisoire ont été rejetées, malgré l’absence de preuves formelles. Les conseils de la défense assurent que leurs clients maintiendront leur innocence et espèrent que ce procès permettra enfin de faire la lumière sur cette affaire.
Des démarches judiciaires parallèles sans issue
En décembre 2021, les avocats avaient saisi la justice contre le général Modibo Koné, actuel directeur de la Sécurité d’État, pour des irrégularités présumées lors des interpellations. À ce jour, cette plainte n’a reçu aucune suite, laissant planer un doute sur l’équité de la procédure en cours.