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L’essor du e-sport sénégalais : quand le football virtuel devient une passion nationale

l’essor du e-sport sénégalais : quand le football virtuel devient une passion nationale

Dans les rues animées de Dakar, une révolution silencieuse transforme les habitudes sportives. Le e-sport, et plus particulièrement eFootball, le jeu de football mobile développé par Konami, s’impose comme une discipline à part entière. Accessible à tous grâce à un simple téléphone, cette pratique séduit de plus en plus de jeunes Sénégalais, passionnés de ballon rond, qui y voient une opportunité de briller sur la scène internationale.

Ibzo entraînant une équipe sénégalaise sur le jeu mobile eFootball à Dakar

Au cœur de cette dynamique, Ibrahima Diop, surnommé Ibzo, s’impose comme une figure majeure. Sélectionneur de l’équipe nationale, il a réussi un exploit historique en mars 2026 : hisser le Sénégal en tête du classement africain. Son objectif est désormais clair : préparer les qualifications pour la Coupe du monde eFootball, prévue en novembre à Riyad. Autour de lui, une génération de joueurs talentueux s’entraîne sans relâche, certains parcourant des centaines de kilomètres pour rejoindre Dakar.

Parmi eux, Mohamed, alias Medzo, 17 ans, originaire de Saint-Louis, partage sa motivation : « eFootball, c’est plus qu’un jeu. C’est une compétition où l’on se fixe des défis personnels. On se dit : moi, je ne me ferai pas battre. Et surtout, c’est accessible : un simple téléphone avec 3 Go de RAM suffit. Pas besoin de consoles coûteuses. » Son ambition ? Devenir professionnel et représenter le Sénégal sur la scène internationale.

Pour Pape Mouhamed Saloum Sow, étudiant en droit, le e-sport représente une véritable opportunité : « Je veux franchir un cap. Ce jeu a fait de nous une famille. On s’entraîne ensemble, on progresse ensemble. » Les joueurs, bien que réunis par leur passion, doivent cependant surmonter des obstacles de taille. La connexion internet, souvent instable, et la latence des serveurs posent problème. « Le principal handicap ? Les serveurs. Ils sont situés en Afrique du Sud, et la latence est énorme. Une passe met parfois deux minutes à s’exécuter. » explique Ibzo.

une structuration progressive du secteur

Face à ces défis, des initiatives émergent pour professionnaliser la discipline. Ibzo a créé son propre club, tandis que la Fédération sénégalaise des sports électroniques (Fesseda), fondée il y a deux ans, joue un rôle clé. Son président, El Hadji Mansour Jacques Sagna, détaille leur projet : « Nous avons lancé les e-navétanes, des compétitions locales accessibles à tous les jeunes. L’objectif ? Former une nouvelle génération de joueurs et structurer la filière. »

La Fesseda ne compte pas s’arrêter là. Un centre d’analyse et de performance, basé au stade Léopold-Sédar-Senghor, sera prochainement inauguré. Ce lieu vise à accompagner les joueurs vers une carrière professionnelle, avec un accompagnement technique et stratégique.

Le e-sport au Sénégal n’est plus une simple tendance. Il s’impose comme une véritable industrie, portée par des talents ambitieux et une communauté soudée. Avec l’ambition de briller à l’international, le pays pourrait bien devenir une référence en Afrique de l’Ouest dans ce domaine en pleine expansion.