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Le cpp 2026-2036 du Bénin, un levier pour l’économie de demain

Le Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa a accueilli, en ce 17 juillet 2026, l’événement marquant le lancement du Cadre de Partenariat Pays (CPP) 2026-2036, un accord historique entre le gouvernement béninois et le Groupe de la Banque mondiale. Ce partenariat décennal, centré sur trois axes majeurs — capital humain, infrastructures productives et emploi des jeunes —, s’inscrit pleinement dans la vision Alafia Bénin 2060. Une feuille de route audacieuse visant à redéfinir le destin socio-économique du pays.

Un accord stratégique pour une décennie de croissance

La cérémonie officielle, réunissant des figures politiques, des diplomates et des acteurs économiques, a révélé l’ambition sans précédent de ce CPP 2026-2036. Contrairement aux précédents cadres, celui-ci représente une refonte totale de la collaboration entre le Bénin et la Banque mondiale, avec un engagement financier et technique renforcé pour les dix prochaines années.

Ce lancement intervient à un moment clé pour le Bénin, où la stabilité macroéconomique et la redistribution des bénéfices de la croissance deviennent des priorités absolues. La présence de Madame Anna Bjerde, Directrice générale des opérations du Groupe de la Banque mondiale, a symbolisé la confiance renouvelée des partenaires internationaux envers les réformes structurelles engagées par l’exécutif béninois.

Une vision économique transformative et inclusive

L’objectif n’est plus seulement d’afficher une croissance du PIB, mais de réinventer l’économie béninoise pour la rendre plus compétitive, résiliente et inclusive. Le CPP mise sur un effet de levier financier majeur : des financements stables sur dix ans permettent au Bénin de lancer des projets d’infrastructure ambitieux sans compromettre sa santé budgétaire. Cet afflux de ressources et d’expertises vise à stimuler l’investissement privé, national et international, créant ainsi un cercle vertueux de développement autonome.

Trois piliers pour une transformation durable

Pour concrétiser cette ambition, le partenariat s’appuie sur trois axes stratégiques interconnectés :

  • Renforcer le capital humain : Aucun essor économique durable ne peut se construire sans une population en bonne santé et qualifiée. Le CPP cible la nutrition, la santé publique et la formation professionnelle, en alignant les programmes éducatifs sur les besoins actuels et futurs du marché du travail.
  • Développer les infrastructures essentielles : Les faiblesses logistiques freinent la compétitivité des entreprises locales. Le partenariat prévoit des investissements massifs dans l’énergie, le numérique et les transports, avec un accent sur la connectivité entre les zones rurales, les centres urbains et le port de Cotonou. L’enjeu ? Réduire les coûts logistiques et booster les exportations.
  • Soutenir le secteur privé et l’emploi des jeunes : Le secteur privé est identifié comme le moteur principal de la création d’emplois durables. Le CPP facilitera l’accès au crédit pour les PME, améliorera le climat des affaires et encouragera l’entrepreneuriat féminin et juvénile, notamment via des réformes ciblées.

L’emploi des jeunes : un défi et une opportunité

Avec une population majoritairement jeune, le Bénin fait face à un impératif social : transformer cette jeunesse en moteur de croissance. Lors de son discours, Monsieur Aristide Medenou, Ministre de l’Économie, des Finances et de la Coopération, a souligné que le CPP 2026-2036 doit agir comme un accélérateur d’opportunités. L’accent sera mis sur l’agro-industrie et les filières agricoles à forte valeur ajoutée, capables d’absorber une main-d’œuvre jeune et de limiter l’exode rural.

En associant l’assistance technique de la Banque mondiale aux priorités nationales d’industrialisation — comme la dynamique déjà visible dans la zone industrielle de Glo-Djigbé —, le cadre garantit que les nouveaux emplois créés seront durables et ancrés dans l’économie réelle.

Résilience et équité territoriale : les garde-fous du programme

Une croissance équitable et durable ne peut ignorer les disparités régionales. Le CPP intègre des mesures transversales pour renforcer la cohésion nationale, notamment via des investissements ciblés dans les régions périphériques et septentrionales. L’objectif ? Offrir eau potable, électricité et pistes rurales tout en créant des emplois locaux pour réduire les tensions sociales et consolider la stabilité du territoire.

Dans un contexte ouest-africain marqué par des défis sécuritaires et climatiques, le Bénin mise sur ce programme pour ancrer sa résilience économique et sociale. Les projets prévus dans ces zones marginalisées visent à tarir les sources de vulnérabilité et à bâtir une nation plus unie.

Une reconnaissance internationale porteuse d’espoir

Madame Anna Bjerde a salué la vision stratégique du leadership béninois, reconnaissant les ambitions portées par le Président de la République et son équipe. Selon elle, le lancement de ce partenariat arrive à point nommé pour transformer les concepts macroéconomiques en résultats concrets pour les entrepreneurs, agriculteurs et familles béninoises. Cette déclaration renforce la crédibilité du Bénin auprès des institutions de Bretton Woods et confirme son statut de modèle réformateur en Afrique de l’Ouest.

La Banque mondiale se positionne ici comme un partenaire de long terme, prêt à adapter ses mécanismes de financement aux réalités changeantes du terrain. Une approche qui rassure les marchés et ouvre la voie à une collaboration encore plus étroite.

2036 : vers un Bénin émergent ?

Le Cadre de Partenariat Pays 2026-2036 trace la voie d’une décennie de transformations profondes. En ciblant simultanément le capital humain, les infrastructures et le secteur privé, le Bénin et la Banque mondiale appliquent une thérapie de choc économique ambitieuse.

La réussite de ce plan dépendra de trois facteurs clés : l’exécution rigoureuse des projets, la gouvernance transparente et la capacité d’absorption des investissements par l’administration et le secteur privé local. Si les promesses de Cotonou se concrétisent dans chaque village et ville du pays, le Bénin pourrait bien devenir l’exemple d’une transformation économique inclusive dont l’Afrique de l’Ouest a cruellement besoin. Le compte à rebours est lancé pour les dix prochaines années.