Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

A la Une

Lanceur d’alerte centrafricain : son asile refusé en France malgré les révélations sur Wagner

Un journaliste centrafricain déchu de son statut de réfugié après avoir exposé les agissements de Wagner

  • Le refus de l'asile en France et les menaces pesant sur le lanceur d'alerte et sa famille

Le refus d’accorder l’asile à un lanceur d’alerte centrafricain, malgré ses révélations sur les activités du groupe Wagner, envoie un signal inquiétant aux défenseurs de la transparence.

Ephrem Yalike-Ngonzo, journaliste centrafricain, a vu sa demande d’asile en France rejetée, alors qu’il avait bénéficié d’un laissez-passer pour fuir les menaces pesant sur sa vie. Ce refus intervient après des années de combat pour exposer les mécanismes de désinformation et d’influence russe en Centrafrique, notamment ceux attribués au groupe paramilitaire Wagner.

Un parcours marqué par l’engagement et la fuite

En 2019, Ephrem Yalike-Ngonzo a été contacté par des responsables russes pour diffuser des contenus pro-gouvernementaux en échange d’une rémunération symbolique. Pendant plusieurs années, il a reçu entre 15 et 30 euros par article publié, soit une fraction de son salaire, pour servir les intérêts de Moscou. Ces révélations ultérieures ont mis en lumière l’ampleur de l’ingérence russe dans les médias locaux.

En 2024, il a décidé de briser le silence en participant à une enquête internationale. Ses témoignages ont contribué à l’adoption de sanctions contre Mikhaïl Prudnikov, considéré comme un acteur clé de la propagande russe en Centrafrique. Cependant, ces révélations lui ont valu des menaces de mort de la part de Wagner, le contraignant à quitter précipitamment son pays.

Un statut de réfugié refusé malgré l’intervention d’Emmanuel Macron

Grâce à l’appui de hautes autorités françaises, Ephrem Yalike-Ngonzo avait obtenu un laissez-passer pour s’installer en France. Pourtant, sa demande d’asile a été rejetée, un revirement qui surprend ses soutiens. Son avocat qualifie cette décision de « signal extrêmement négatif » pour tous ceux qui luttent contre les manipulations informationnelles orchestrées par Moscou.

Depuis, le journaliste vit dans la clandestinité avec sa famille, tandis que ses proches restés en Centrafrique subissent des pressions régulières. Le 10 juillet 2026, un recours a été déposé devant la Cour nationale du droit d’asile, avec une issue incertaine. La décision pourrait prendre jusqu’à un an, laissant le lanceur d’alerte et ses proches dans l’incertitude la plus totale.