Industrialisation en Côte d’Ivoire : boost économique incontournable pour 2050
Pourquoi l’industrialisation de la Côte d’Ivoire est-elle indispensable à son développement ?
L’industrialisation de la Côte d’Ivoire figure parmi les priorités stratégiques évoquées lors d’un déjeuner de presse organisé à Abidjan-Plateau. Lors de cet événement, Paul-Harry Aithnard, directeur régional de l’UEMOA et directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, a partagé son analyse sur ce sujet crucial. Selon lui, l’industrialisation représente une étape incontournable pour propulser la Côte d’Ivoire au rang des économies émergentes, à l’image de la Malaisie.
Un modèle à suivre : la transformation économique de la Malaisie
Le directeur général a illustré son propos en comparant les trajectoires économiques de la Côte d’Ivoire et de la Malaisie. Il a souligné que le PIB ivoirien s’élève aujourd’hui à 100 milliards de dollars, un niveau atteint par la Malaisie il y a 25 ans. Pourtant, en l’espace d’un quart de siècle, cette dernière a quadruplé son PIB, atteignant plus de 400 milliards de dollars en 2025. Une performance qui démontre la puissance de l’industrialisation comme levier de croissance.
Pour Paul-Harry Aithnard, cette comparaison n’est pas anodine : « Si la Côte d’Ivoire souhaite passer à l’échelle supérieure et rejoindre le cercle des pays émergents, elle doit impérativement s’engager dans une politique industrielle ambitieuse ». Cette ambition nécessite une vision à long terme et des réformes structurelles profondes.
Les leviers clés pour réussir l’industrialisation ivoirienne
Selon l’expert, plusieurs piliers doivent être renforcés pour concrétiser cette vision. Le premier d’entre eux est l’inclusion financière, présentée comme un catalyseur essentiel pour mobiliser l’épargne locale et faciliter l’investissement. Cette inclusion passe notamment par :
- La digitalisation des services financiers : pour offrir à la population des solutions accessibles de paiement, d’épargne et de crédit.
- Le développement des infrastructures technologiques : afin de réduire les coûts de production et d’augmenter la productivité.
Le secteur bancaire, en tant qu’acteur clé du financement, a un rôle majeur à jouer dans ce processus. Paul-Harry Aithnard insiste sur l’importance du financement des grands projets infrastructurels par le privé, notamment dans le cadre de partenariats public-privé. « Nous avons fait le choix délibéré de soutenir le financement des infrastructures », affirme-t-il.
Le rôle de l’État : infrastructures et éducation au cœur de la stratégie
L’État ivoirien n’est pas en reste. Pour réussir cette transition industrielle, plusieurs axes doivent être priorisés :
- L’amélioration du secteur énergétique : un prérequis essentiel pour alimenter les industries et soutenir la production.
- Le renforcement du système éducatif : avec un accent particulier sur les sciences, la technologie et le management. Ces domaines sont identifiés comme les fondations d’une économie moderne et compétitive.
Sur ce dernier point, le directeur général salue les progrès réalisés ces dernières années, notamment dans la production d’électricité, multipliée de manière significative. Il reconnaît également les efforts consentis dans le domaine éducatif, avec des choix stratégiques qui commencent à porter leurs fruits.
Un objectif clair : multiplier par quatre le PIB en 25 ans
En s’inspirant du modèle malaisien, la Côte d’Ivoire se fixe un objectif ambitieux : quadrupler son PIB d’ici 2050. Pour y parvenir, une industrialisation massive et stratégique est indispensable. Cela implique une transformation profonde de l’économie, passant d’un modèle principalement agricole à une économie diversifiée, intégrant des secteurs industriels et technologiques de pointe.
Cette transition ne sera possible qu’à travers une collaboration étroite entre l’État, le secteur privé et les institutions financières. Chacun doit apporter sa contribution : l’État en créant un environnement propice, le privé en investissant dans l’innovation et les infrastructures, et les banques en facilitant l’accès au financement pour les entreprises et les particuliers.
En conclusion, l’industrialisation de la Côte d’Ivoire n’est pas une option, mais une nécessité pour assurer son développement économique et son émergence. Les exemples internationaux, comme celui de la Malaisie, montrent que cette voie est non seulement viable, mais aussi extrêmement profitable à long terme.