Gabon : les finances publiques sous tension, des audits qui redoutent tout Libreville
La mi-juillet, une échéance double qui fait trembler Libreville. Le Comité d'audit et de consolidation des passifs exigibles de l'État doit livrer ses conclusions sur un stock de dette publique estimée à 8 700 milliards FCFA, soit environ 70 % du PIB. De plus, la Task force sur la dette publique a documenté depuis six ans un système de surfacturations et de travaux fictifs qui explique l'explosion de la dette intérieure.
Cette convergence de calendriers des audits est un choix stratégique du gouvernement. L'eurobond gabonais 2031 a accusé une baisse en un an après que les projections du FMI ont évalué la dette publique à 85,5 % du PIB.
Le spread souverain gabonais est passé de plus de 1 100 points de base en janvier 2026 à 689,60 points de base à mi-avril. Cette détente traduit un pari des marchés sur la trajectoire de transparence engagée par le gouvernement gabonais.
Le rapport d'étape de la Task force a déjà documenté un surcoût de 12 milliards FCFA sur les voiries, 2,8 milliards FCFA de surfacturations et un dérapage de 47 % sur le stade d'Oyem. Ces montants forment une partie non négligeable du stock que l'audit actuel doit désormais qualifier et consolider.
Les investisseurs attendent donc plus qu’un chiffre final, mais ce qu’il en sera fait. Une vague de poursuites judiciaires ciblant des décideurs sous le régime d’Ali Bongo est déjà prévue.