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Disparitions forcées au Burkina Faso : deux militants du balai citoyen portés disparus

Burkina Faso : disparition forcée de deux défenseurs des droits humains, Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo

©Balai citoyen
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appel urgent de l’observatoire

Code : BFA 002 / 0525 / OBS 022

Enlèvements et disparitions forcées au Burkina Faso

Le 2 mai 2025

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), alerte sur la situation critique au Burkina Faso.

contexte des enlèvements de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo

L’Observatoire a été informé de l’enlèvement et de la disparition forcée de Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du mouvement Balai citoyen, ainsi que de Amadou Sawadogo, cadre régional de cette organisation. Créé en 2013, le Balai citoyen milite pour une société burkinabè juste, intègre et respectueuse de l’État de droit.

chronologie des événements

Le 20 mars 2025, Amadou Sawadogo a été convoqué au service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou. Interrogé sur ses prises de position critiques sur Facebook, il a été contraint de divulguer l’adresse de deux autres militants, désormais en clandestinité. Le 21 mars 2025, après une seconde convocation, il a disparu sans laisser de trace, sans explication des autorités.

Le 30 mars 2025, Miphal Ousmane Lankoandé a été enlevé vers 11h45 devant son domicile, dans le quartier Karpala à Ouagadougou. Il revenait de Cotonou, où il avait participé à une formation en activisme. Des hommes armés se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté devant son épouse. Malgré les démarches des avocats auprès des institutions, aucune information n’a été communiquée sur son sort.

À ce jour, ni Miphal Ousmane Lankoandé ni Amadou Sawadogo n’ont donné signe de vie. Leurs familles et collègues restent dans l’angoisse et l’incertitude.

répression systémique contre la société civile au Burkina Faso

L’Observatoire rappelle que d’autres militants du Balai citoyen ont déjà subi des arrestations arbitraires. Parmi eux :

  • Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du mouvement, arrêté en janvier 2024 à l’aéroport de Ouagadougou puis détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs » ;
  • Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo, enrôlés de force dans l’armée en février 2024 malgré une décision de justice les protégeant.

La répression s’étend aux journalistes, avec plusieurs enlèvements en 2024 et 2025 : Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba, Luc Pagbeguem, Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama, tous portés disparus.

analyse de la crise sécuritaire et des libertés

Un rapport de février 2025, intitulé Espace civique et défenseur·es des droits humains au Sahel : convergence régionale des pratiques de répression, souligne l’aggravation de la répression au Burkina Faso depuis 2022. Deux décrets présidentiels permettent désormais la réquisition forcée de tout citoyen âgé de plus de 18 ans. Ces mesures sont utilisées pour cibler les défenseurs et journalistes, les forçant à rejoindre l’armée ou à disparaître.

Le Comité des Nations Unies sur les disparitions forcées a exprimé ses préoccupations en mars 2024, qualifiant certaines pratiques de « disparitions forcées ».

demandes urgentes de l’observatoire

L’Observatoire exige des autorités burkinabè :

  • La protection immédiate de Miphal Ousmane Lankoandé et Amadou Sawadogo, ainsi que de tous les défenseurs des droits humains ;
  • La révélation de leur localisation et leur libération sans condition ;
  • La fin des disparitions forcées et des enrôlements forcés ;
  • La cessation du harcèlement judiciaire contre les militants et journalistes ;
  • Le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, conformément aux Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et aux Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

comment agir ?

Adresses des autorités à contacter :

  • Capitaine Ibrahim Traore, Président de la Transition du Burkina Faso – Twitter : @CapitaineIb22
  • Jean-Emmanuel Ouédraogo, Premier Ministre – Twitter : @J_E_Ouedraogo
  • Me Edasso Rodrigue Bayala, Ministre de la Justice – Email : [email protected]
  • Jean Marie Karamoko Traore, Ministre des Affaires Étrangères – Email : [email protected] ; Twitter : @JeanMarieTraore
  • Commission Nationale des droits humains du Burkina Faso – Email : [email protected] ; Twitter : @BurkinaCndhX
  • Sabine Bakyono Kanzie, Mission permanente du Burkina Faso à Genève – Email : [email protected]
  • M. Oumarou Ganou, Représentant permanent du Burkina Faso à l’ONU – Email : [email protected]
  • Ambassade du Burkina Faso auprès de l’Union Africaine – Email : [email protected]

Nous invitons également à écrire aux ambassades du Burkina Faso dans votre pays.

contacter l’observatoire

Pour toute action entreprise, merci d’informer l’Observatoire en indiquant le code de cet appel : BFA 002 / 0525 / OBS 022.

Ligne d’urgence :