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Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport sur la situation des enfants

Burkina Faso : expulsion d’une responsable onusienne après un rapport accablant

La junte militaire au pouvoir au Burkina Faso a récemment pris une décision controversée en déclarant persona non grata Carol Flore-Smereczniak, la principale représentante des Nations Unies dans le pays. Cette expulsion fait suite à la publication d’un rapport accablant de l’ONU sur les graves violations commises à l’encontre des enfants entre 2022 et 2024.

Cette mesure s’inscrit dans une série d’actions hostiles envers l’ONU, puisque Barbara Manzi, une autre responsable onusienne, avait déjà subi le même sort en 2022. Ces expulsions illustrent une escalade de la défiance des autorités burkinabè envers toute forme de contrôle extérieur indépendant.

Un rapport onusien qui dérange les autorités

Selon la junte, Carol Flore-Smereczniak aurait contribué à la rédaction du rapport d’avril 2025, qui dénonce les exactions commises par les différents acteurs du conflit au Burkina Faso. Ce document met en lumière des 2 483 violations graves subies par 2 255 enfants, parmi lesquelles des meurtres, des enlèvements et le recrutement forcé par des groupes armés ou des forces de sécurité.

Les groupes armés islamistes sont responsables de 65 % de ces abus, tandis que 15 % seraient attribuables aux forces de sécurité burkinabè et aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), ces auxiliaires civils qui épaulent l’armée régulière.

Des attaques ciblées contre les écoles et les enfants

Le rapport souligne une hausse alarmante des attaques contre les établissements scolaires, une tendance déjà documentée par des organisations comme Human Rights Watch. Depuis 2016, ces groupes multiplient les attaques contre les élèves, les enseignants et les infrastructures éducatives, privant des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation.

Un autre point de préoccupation majeur concerne la détention arbitraire d’enfants suspectés d’être associés à des groupes armés. Cette pratique, largement répandue, aggrave la vulnérabilité des jeunes dans un pays déjà en proie à une crise humanitaire et sécuritaire.

Une junte en conflit ouvert avec l’ONU

Les tensions entre Ouagadougou et les Nations Unies se sont intensifiées ces derniers mois. En mars 2025, le ministre des Affaires étrangères burkinabè a critiqué l’utilisation par l’ONU de termes comme « groupes armés non étatiques » pour désigner les groupes terroristes, qualifiant cette formulation d’inappropriée.

En juillet, les autorités ont exigé un recentrage des actions onusiennes au Burkina Faso, insistant pour que celles-ci s’alignent sur la vision du gouvernement militaire. Cette demande s’ajoute à une politique de répression systématique menée depuis le coup d’État de 2022, ciblant médias, opposition politique et dissidents.

Plutôt que de rejeter toute collaboration avec les instances internationales, la junte devrait s’engager dans un dialogue constructif pour mettre fin aux violations des droits des enfants et rétablir la paix dans le pays.