Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Actualités

Blocages douaniers : l’ombre sur les chantiers sino-congolais

Les projets d’infrastructures sino-congolais en République Démocratique du Congo (RDC) connaissent un ralentissement inquiétant en raison de blocages prolongés au niveau du dédouanement des matériaux et équipements essentiels. Malgré les efforts conjoints des acteurs techniques, financiers et institutionnels, ces entraves administratives freinent considérablement l’avancement des chantiers sur l’ensemble du territoire national.

Un bitume bloqué depuis six mois : l’exemple emblématique du port de Matadi

Le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a tiré la sonnette d’alarme auprès du Ministre des Infrastructures, John Banza, lors d’une récente réunion de suivi. Il a révélé que le revêtement de plusieurs axes routiers aurait déjà débuté si 1 477 tonnes de bitume, importées par la SISC SA, n’étaient pas immobilisées depuis plus de six mois au port de Matadi. Cette situation, paradoxale alors que le projet bénéficie d’exonérations fiscales prévues par la Loi n°14/005 de 2014 et l’Avenant n°5 de 2024, menace de paralyser l’ensemble des travaux.

Des retards qui pèsent sur l’économie et le quotidien des Congolais

Les conséquences de ces blocages se répercutent directement sur la population. Le Ministre John Banza a souligné que plusieurs projets phares, salués pour leur impact positif, voient leurs calendriers repoussés. Parmi eux :

  • Les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa
  • La route Manterne – Tshela – Singini
  • L’axe Kananga – Kalamba Mbuji
  • La RN1 entre Mbujimayi et Nguba
  • Le Stade d’Idiofa
  • L’Hôpital Général de Référence de Kikwit, dont la capacité d’accueil est passée de 150 à 650 lits

Par ailleurs, près de 1 650 tonnes de bitume destinées à la réhabilitation de la RN1 dans le Grand Katanga sont également bloquées, tout comme des équipements lourds et des pièces de rechange indispensables aux chantiers.

Le rôle clé de l’APCSC mis en lumière

Face à cette situation critique, l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC) est pointée du doigt. Chargée spécifiquement du dédouanement des projets sino-congolais, elle doit impérativement accélérer ses démarches pour éviter un ralentissement majeur, voire un arrêt pur et simple des travaux. Les demandes d’exonération et de prise en charge des fiscalités indirectes, bien que prévues par les textes en vigueur, restent en effet sans réponse depuis des mois.

Le Ministre des Infrastructures et Travaux Publics a lancé une caravane d’inspection dans le Grand Bandundu pour évaluer l’état des chantiers. Si les avancées sont réelles sur certains sites, la saison sèche, propice aux travaux routiers, ne suffira pas à compenser les retards accumulés. Sans une intervention urgente, c’est tout le calendrier gouvernemental qui sera compromis.

Ce blocage douanier, en plus de coûter un temps précieux au pays, prive la population d’infrastructures modernes tant attendues. La situation rappelle l’importance cruciale d’une coordination efficace entre tous les acteurs pour garantir la réussite de ces projets stratégiques.

chantier sino-congolais en rdc
logo acgt