Moscou pointe du doigt kiev dans la crise du m23 en rdc
Moscou met en cause Kiev dans le conflit du M23 en RDC
Les tensions autour du groupe armé M23, qui étend son emprise dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, viennent de prendre une nouvelle dimension avec les accusations portées par la Russie contre l’Ukraine. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a en effet pointé du doigt Kiev, affirmant que ce pays apporterait un soutien aux rebelles congolais.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burundais, Édouard Bizimana, organisée le 10 juillet 2026 à Bujumbura, le chef de la diplomatie russe a dénoncé une « ingérence étrangère flagrante » dans les affaires de la République démocratique du Congo. Selon lui, Kinshasa, avec le soutien du Burundi, serait confronté à une agression menée par le M23, alimentée par des soutiens extérieurs, dont ceux de l’Ukraine.
L’Ukraine accusée de déstabiliser l’Afrique au profit de ses intérêts
« Nous observons de telles tentatives d’ingérence évidentes dans les affaires africaines, notamment en RDC. Les autorités légitimes de ce pays, avec l’appui du Burundi, luttent aujourd’hui contre l’agression du groupe M23, soutenu par des acteurs étrangers, parmi lesquels figurent des Ukrainiens. Nos amis burundais en sont également conscients. »
Le ministre russe a précisé que l’objectif de l’Ukraine serait de renforcer son influence sur le continent africain en soutenant des forces opposées aux gouvernements en place, tout en affaiblissant les pays alliés de la Russie. Kiev chercherait ainsi à s’imposer comme un acteur majeur dans les conflits africains, notamment en fournissant un appui militaire et logistique aux groupes armés.
L’utilisation de drones et de mercenaires : une escalade inquiétante
Les accusations russes surviennent alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC se dégrade. La communauté internationale s’alarme notamment de l’augmentation des frappes de drones, une méthode de combat de plus en plus fréquente dans la région. Anna Evstigneeva, chargée d’affaires de la Russie auprès de l’ONU, a souligné lors d’une intervention devant le Conseil de sécurité que ces attaques aggravent la crise humanitaire et menacent les populations civiles.
Parmi les craintes exprimées : l’implication de mercenaires étrangers, certains ayant acquis une expérience militaire en Ukraine avant d’être recrutés comme instructeurs ou opérateurs de drones. Ces allégations s’ajoutent aux tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir le M23, ce que Kigali dément catégoriquement.
Des processus de paix au point mort
Malgré les multiples initiatives diplomatiques, comme l’Accord de Washington ou le processus de Doha sous médiation qatarienne, les négociations peinent à aboutir. Les divergences entre les parties sur l’application des accords, ainsi que les blocages persistants, retardent toute avancée concrète. La réunion de Montreux, en Suisse, qui devait relancer les discussions, n’a pas permis de rapprocher les positions.
Dans ce contexte, les appels au respect des engagements pris se multiplient, mais les progrès restent limités. La situation sur le terrain continue de se détériorer, tandis que les populations civiles paient le prix fort d’un conflit qui s’enlise dans une impasse politique et militaire.
Les forces du M23 dans la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.