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Avocats marocains : mobilisation sans relâche contre le projet de loi

Depuis plusieurs jours, les avocats marocains maintiennent une mobilisation d’une ampleur inédite devant le Parlement de Rabat. Revêtus de leurs robes noires et armés de brassards rouges, ils dénoncent avec force un projet de loi qu’ils jugent menace directe contre leur indépendance professionnelle.

Un texte accusé de fragiliser l’autonomie de la profession

Les représentants de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) pointent du doigt des dispositions controversées. Parmi elles, le transfert au ministère de la Justice du pouvoir de formation des futurs avocats et la modification du régime disciplinaire, qui placerait les professionnels sous une tutelle accrue de l’État. « Ce texte représente un recul démocratique», martèlent-ils en chœur.

Des revendications qui s’amplifient depuis plusieurs semaines

Jeudi dernier, une première manifestation avait déjà donné le ton. Les avocats avaient alors prévenu : « La bataille ne fait que commencer », promettant d’intensifier leur mouvement tant que le projet ne serait pas abandonné. Leur détermination reste intacte, comme en témoignent les rassemblements quotidiens devant le siège du Parlement.

Des figures emblématiques du barreau en première ligne

Aziz Rouibah, bâtonnier de Rabat, a livré une déclaration forte lors de cette mobilisation : « Nous sommes menacés dans notre existence même. Certains acteurs veulent symboliquement tuer notre profession. » Il a appelé à une résistance collective face à ce qu’il qualifie d’« offensive législative féroce».

Me Mounir Belghiti, membre du Conseil de l’Ordre des avocats de Rabat, a quant à lui souligné l’urgence d’une législation « guidée par l’intérêt général et non par des rancœurs personnelles ». Pour lui, le blocage actuel reflète une crise de confiance profonde : « Si nous laissons des lois sur mesure ébranler nos fondements démocratiques, nous sapons un pilier essentiel de notre système judiciaire ».

Des conséquences concrètes sur le quotidien judiciaire

Pendant ce temps, le mouvement paralyse progressivement les juridictions du Royaume. Les justiciables, en particulier ceux en détention préventive, subissent des reports d’audiences répétés. Certains attendent leur jugement depuis près d’un mois, plongés dans une incertitude juridique croissante.

Un processus législatif encore en suspens

Les débats autour du projet de loi se poursuivent cette semaine à la Chambre des conseillers. Si des amendements sont adoptés, le texte sera renvoyé à la Commission de la justice de la Chambre des représentants pour une nouvelle lecture. L’Association des barreaux du Maroc (ABAM) continue de veiller au grain, déterminée à faire entendre sa voix jusqu’au retrait pur et simple du texte.