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Ancien ministre malien Hamma Ag Mahmoud rejoint la coalition de l’imam Dicko

Ancien ministre malien Hamma Ag Mahmoud rejoint la coalition de l’imam Dicko

David Baché
portrait de Hamma Ag Mahmoud lors de son ralliement

Entre 1986 et 1988, Hamma Ag Mahmoud a occupé le poste de ministre du Travail et de la Fonction publique au sein du gouvernement du général Moussa Traoré. Préfet dans plusieurs régions clés du Mali (Sikasso, Koulikoro, Ségou, Gao, Tombouctou), il a ensuite rejoint le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) lors de la crise de 2012. Son engagement dans ce mouvement indépendantiste a joué un rôle déterminant dans la signature des accords de paix de 2015 avec Bamako.

Une classe politique jugée défaillante

Depuis 2011, Hamma Ag Mahmoud vit en exil en Mauritanie. Aujourd’hui, il officialise son adhésion à la Coalition des forces pour la République (CFR), portée par l’imam Mahmoud Dicko. « Le pays traverse une crise majeure et se fragilise chaque jour davantage », déclare-t-il. « Il est urgent que l’ensemble des Maliens s’unissent autour d’un projet national inclusif ». Selon lui, la CFR représente une opportunité pour organiser une conférence nationale salvatrice : « Cette coalition a pris l’initiative, et chaque Malien devrait la rejoindre pour corriger les erreurs du passé et reconstruire le Mali ensemble. »

« Les crises que le Mali endure — rébellions, montée des groupes jihadistes — découlent directement de l’échec de la classe politique », analyse-t-il. « Les citoyens aspirent à un projet politique fédérateur, capable d’incarner leurs espoirs et de restaurer la dignité du pays. »

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Face aux craintes exprimées par une partie de la population concernant un éventuel dialogue avec les groupes armés, dont le Jnim — lié à al-Qaïda — et les risques de partition du territoire, Hamma Ag Mahmoud se veut rassurant. « Intégrer ces acteurs dans un projet commun mettrait fin à ces tensions », assure-t-il. « En rétablissant une gouvernance transparente et responsable, les motivations des jihadistes et des rebelles disparaîtront naturellement. »

Dialogue avec les jihadistes : une voie possible ?

Ces derniers mois, le Jnim a progressivement modifié son discours, se présentant comme un acteur politique légitime au Mali. Bien qu’il revendique désormais le concept de « souveraineté » et affirme défendre les populations locales, son objectif reste inchangé : imposer sa version rigoriste de la charia. Peut-on envisager des négociations avec un tel groupe dans le cadre d’un État de droit ?

Pour l’ancien haut fonctionnaire malien, la réponse est sans ambiguïté : « Absolument », affirme-t-il. « Les principes démocratiques — égalité, justice, liberté — doivent guider toute initiative, en associant l’ensemble des Maliens sans exclusion. »