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Alger et Mali mettent fin à leur crise diplomatique

Des années de tensions entre Alger et Bamako touchent à leur fin

Les relations entre l’Algérie et le Mali, marquées par des années de tensions diplomatiques, connaissent un tournant décisif. Depuis l’arrivée des nouvelles autorités à Bamako, des accusations d’ingérence ont pesé sur Alger, entraînant une dégradation progressive des échanges entre les deux nations.

Réouverture des espaces aériens et retour des ambassadeurs

Le gouvernement malien a annoncé la réouverture de son espace aérien à tous les aéronefs civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie. Une décision qui s’applique immédiatement aux vols internationaux traversant le territoire malien. Parallèlement, Bamako a confirmé le retour de son ambassadeur en poste à Alger, rappelé en avril 2025 sans date précise de retour.

Quelques heures plus tôt, l’Algérie avait pris une mesure similaire en réouvrant son espace aérien au Mali. Selon le ministère algérien de la Défense, cette ouverture inclut tous les vols à destination et en provenance du Mali, couvrant ainsi l’ensemble des destinations internationales desservies depuis les deux pays.

L’Algérie a également acté le retour de son ambassadeur à Bamako, mettant fin à une crise diplomatique qui avait atteint son paroxysme ce printemps.

Un drone abattu, un incident aux conséquences majeures

La crise a été déclenchée par la destruction d’un drone militaire malien près de la frontière algéro-malienne au printemps 2025. L’Algérie avait justifié cette action en affirmant que l’appareil avait violé son espace aérien, tandis que le Mali soutenait que l’aéronef se trouvait sur son territoire. Cet incident a provoqué un rappel mutuel des ambassadeurs et une fermeture réciproque des espaces aériens, aggravant les tensions entre les deux pays.

Kamel Retieb, ancien ambassadeur d’Alger à Bamako, a été désigné pour reprendre ses fonctions. Son rappel en avril 2025 faisait suite à cette querelle, mais la situation évolue désormais vers une normalisation.

Des désaccords politiques qui ont alimenté la crise

Les tensions ont été exacerbées par des divergences politiques, notamment lorsque le Mali a apporté son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Cette position, contraire à celle de l’Algérie, a nourri les tensions entre les deux capitales.

Pourtant, malgré ces querelles, les deux pays restent liés par une frontière commune et des enjeux sécuritaires partagés. La lutte contre les groupes armés actifs dans la région du Sahel reste un défi majeur pour Alger et Bamako, malgré leurs divergences.

L’Algérie, qui avait joué un rôle clé dans la négociation de l’accord de paix de 2015 entre Bamako et les groupes armés du nord du Mali, voit son influence contestée par les nouvelles autorités maliennes. Ces dernières accusent régulièrement Alger d’interférer dans leurs affaires intérieures.

Une crise sécuritaire persistante au Mali

Depuis 2012, le Mali est confronté à une crise sécuritaire complexe, alimentée par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique (EI), ainsi que par des bandes criminelles communautaires. Cette situation précaire a rendu encore plus cruciale la nécessité d’une collaboration entre les pays de la région, y compris l’Algérie.