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Gao : 167 civils tués et 127 motos incendiées par Africa Corps au bord du fleuve Niger

Une attaque d’une violence extrême a frappé la périphérie de Gao ce mardi 15 septembre 2026. Aux abords du fleuve Niger, des hommes armés identifiés comme appartenant à Africa Corps, la milice privée russe qui a remplacé le groupe Wagner sur le continent, ont exécuté sommairement 167 civils et incendié plus de 127 motos. Ce nouveau massacre illustre l’effondrement sécuritaire et l’impasse dans laquelle s’enfoncent les juntes militaires de la région.

Une attaque à l’aube sur les rives du Niger

Le soleil se levait à peine sur Gao lorsque les détonations ont déchiré le silence. D’épais nuages de fumée noire se sont élevés au-dessus du fleuve Niger, dans une zone vitale où des centaines de familles tirent leur subsistance de la pêche, du maraîchage et du petit commerce. C’est là qu’une patrouille d’Africa Corps a lancé une opération d’une brutalité inouïe contre des populations sans défense.

Maraîchers, pêcheurs et commerçants ont été pris pour cibles alors qu’ils entamaient leur journée de labeur. Le bilan est accablant : 167 civils froidement exécutés et plus de 127 motos méthodiquement rassemblées avant d’être réduites en cendres. La communauté locale, plongée dans le deuil et l’incompréhension, vit désormais sous le joug d’une terreur absolue.

Un massacre humain et une asphyxie économique délibérée

Au-delà de l’horreur des vies fauchées, la destruction ciblée des moyens de transport porte un coup fatal à l’économie informelle de toute la région. À Gao, la moto n’est pas un simple bien de consommation : elle constitue l’outil de travail indispensable de la jeunesse, le seul moyen d’acheminer les marchandises du fleuve vers les marchés et le pilier de chaînes de solidarité familiale d’une remarquable résilience.

« Ils ont tiré sans sommation avant de regrouper nos véhicules pour y mettre le feu. Mon frère fait partie des victimes. Sans ma moto et sans lui, nous n’avons plus rien pour vivre ni de quoi nourrir nos enfants ce soir », témoigne un rescapé sous couvert d’anonymat, la voix brisée par le chagrin.

En détruisant plus d’une centaine de deux-roues et en assassinant ceux qui les conduisent, les mercenaires ne visent nullement à sécuriser la zone : ils asphyxient sciemment la population civile. L’incendie des engins paralyse instantanément l’approvisionnement en produits frais, menaçant la ville d’une crise alimentaire grave et précipitant des centaines de familles dans une misère absolue.

L’alliance avec la junte : un échec sanglant

Ces exactions tragiques survenues à Gao mettent en lumière la dérive dramatique des alliances sécuritaires scellées par les régimes militaires de la région. À Niamey comme à Bamako, le rapprochement opéré par la junte du général Abdourahamane Tiani et ses alliés de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec Moscou était présenté comme une solution souveraine pour rétablir l’ordre.

Sur le terrain, la réalité dément brutalement la propagande officielle. L’implantation d’Africa Corps n’a pas permis de neutraliser les groupes terroristes ; elle a simplement introduit une force prédatrice et incontrôlable qui massacre les populations locales. Agissant en toute impunité, les mercenaires russes se comportent en troupes d’occupation d’une violence aveugle plutôt qu’en protecteurs des nations qu’ils prétendent assister.

Cette dépendance absolue envers des combattants privés nuit gravement à la cohésion sociale et à l’autorité des États. En gardant le silence face à ce carnage de 167 civils, la junte et ses partenaires se rendent complices d’exactions qui discréditent définitivement leur discours d’émancipation et de sécurité.

Une population meurtrie face à l’arbitraire

À Gao, le choc cède désormais la place à un profond sentiment d’abandon et d’injustice. Les habitants constatent au quotidien que les promesses d’ordre et de stabilité se traduisent par la brutalité d’hommes armés qui ne répondent d’aucun commandement national et bafouent impunément le droit international humanitaire.

La peur d’une nouvelle attaque paralyse désormais toute vie au bord du fleuve Niger. Les survivants craignent de retourner sur leurs lieux de travail, désertant les berges par peur de croiser à nouveau la route des patrouilles de la mort.

Face à ce carnage sans précédent, les autorités de transition ne pourront pas se contenter de leur mutisme habituel. La population de Gao ne demande pas de slogans géopolitiques, mais le droit le plus élémentaire à la vie et à la dignité — un droit qu’Africa Corps continue de piétiner dans le sang.