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Visite d’état du président gabonais à Paris : des promesses économiques à concrétiser

Visite d’État au Gabon : après les déclarations, place aux actions concrètes

La visite officielle du président Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris, en juillet 2026, a marqué les esprits par son faste. Mais au-delà des cérémonies protocolaires, Libreville attendait avant tout des avancées économiques tangibles pour le Gabon. Quatre semaines après le retour du chef de l’État, l’heure est au bilan des engagements pris.

Une délégation gabonaise de plus de quatre-vingts personnes, incluant des acteurs majeurs du secteur privé, a participé à cette immersion parisienne. L’objectif affiché ? Faire avancer des dossiers stratégiques tout en renforçant les partenariats avec des entreprises françaises clés. Mais pour les Gabonais, les promesses resteront lettre morte tant que des résultats concrets ne seront pas visibles sur le terrain.

Air France et Fly Gabon : vers une meilleure connectivité aérienne

Dès le premier jour de la visite, Anne Rigail, directrice générale d’Air France, a été reçue par le président gabonais. Les discussions ont porté sur l’amélioration des liaisons entre les deux pays, avec un projet phare : la signature prochaine d’un accord de partage de codes entre Air France et Fly Gabon. Si cet arrangement voit le jour d’ici la fin de l’année, il permettra à la compagnie nationale gabonaise de commercialiser des billets vers Paris sous son propre code.

Pour Libreville, cette perspective dépasse le cadre strictement commercial. Une meilleure connectivité aérienne favoriserait le développement des échanges, l’attractivité touristique et l’arrivée d’investisseurs étrangers. Reste à observer si les négociations aboutiront dans les délais annoncés.

Eramet et le manganèse : une feuille de route ambitieuse mais encore floue

Le dossier minier a occupé une place centrale lors des échanges à l’Élysée. Eramet, dirigé par Christel Bories, et sa filiale Comilog ont présenté une feuille de route conjointe avec les autorités gabonaises. L’objectif ? Transformer localement jusqu’à 700 000 tonnes de manganèse d’ici 2031. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté de Libreville de développer une industrie minière plus intégrée et génératrice de valeur ajoutée.

Plusieurs scénarios sont encore à l’étude, et des détails cruciaux manquent à l’appel. La mise en place d’un fonds « Fabriqué au Gabon » et le développement d’une filière de biocharbon ont été évoqués, mais aucune date précise ni montant d’investissement n’ont été communiqués. Pour les Gabonais, l’essentiel reste à démontrer : ces annonces se traduiront-elles par des emplois et une production locale accrue ?

Booué : l’électricité comme levier de développement

L’énergie constitue un autre pilier des discussions. Un accord a été signé entre l’État gabonais, EDF Power Solutions et Gabon Power Company pour le projet hydroélectrique de Booué, sur l’Ogooué. Avec une capacité prévue de 400 mégawatts, ce projet pourrait significativement renforcer le réseau national, aujourd’hui limité à 700 mégawatts pour une demande dépassant les 1 000 mégawatts.

Pourtant, aucun calendrier définitif n’a été arrêté. Les partenaires se sont donné jusqu’au 31 octobre pour finaliser un accord de développement. Des réunions mensuelles permettront de faire avancer les discussions, faisant de cette date un premier test de crédibilité pour le gouvernement gabonais.

Parallèlement, le Consortium Omega, spécialisé dans les infrastructures énergétiques et hydrauliques, a également été sollicité. Les échanges avec le président Oligui Nguema visaient à accélérer l’accès à l’eau et à l’électricité, deux enjeux majeurs pour la population.

Les Gabonais attendent des actes, pas des discours

Les retombées de cette visite d’État dépendront désormais de la capacité des autorités à transformer les annonces en réalisations concrètes. Les partenaires identifiés – Air France, Eramet, EDF, Consortium Omega – sont importants, mais ils ne suffiront pas à eux seuls. Pour les ménages gabonais, les enjeux sont clairs : plus d’emplois, une énergie plus accessible, des infrastructures améliorées et, in fine, une amélioration de leur quotidien.

Trois échéances seront particulièrement scrutées dans les mois à venir : l’accord aérien prévu avant la fin de l’année, les avancées sur le manganèse et, surtout, la conclusion de l’accord de développement pour Booué d’ici le 31 octobre. La diplomatie économique gabonaise sera jugée à l’aune de ces résultats, bien plus qu’à celle du nombre de réunions ou de documents signés.