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Violences à l’est de la RDC : le Burundi exige une intervention internationale renforcée

Le Burundi alerte sur l’échec de l’Accord de Washington et l’escalade des violences en RDC

Bujumbura, le 4 juin 2026 — Lors d’un entretien diplomatique crucial avec son homologue congolais, le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation persistante de la situation sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo. Face à l’absence de respect de l’Accord de Washington, signé en 2026 sous l’égide des États-Unis, Bujumbura appelle à une mobilisation urgente de la communauté internationale pour éviter une nouvelle crise humanitaire.

Un accord de paix bafoué : la CIRGL et l’Union africaine en première ligne

L’Accord de Washington, fruit d’un sommet historique réunissant les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda) sous la médiation de Donald Trump, devait marquer un tournant dans le conflit opposant Kinshasa aux groupes armés du M23, soutenus par Kigali. Pourtant, trois mois après sa signature, les hostilités persistent. Le ministre Bizimana a dénoncé le « non-respect flagrant » des engagements pris, soulignant que certaines zones restent sous le joug de l’insécurité malgré le retour partiel des déplacés.

« Malgré des avancées ponctuelles, comme le retour de certains réfugiés, d’autres régions subissent une recrudescence des violences, provoquant de nouveaux exodes vers les pays voisins », a-t-il déclaré lors de sa rencontre avec Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coopération bilatérale, notamment sur des dossiers comme la construction de l’ambassade du Burundi à Kinshasa ou la gestion du Secrétariat exécutif de la CIRGL.

Une alliance militaire et diplomatique mise à l’épreuve

Depuis mars 2023, la RDC et le Burundi sont liés par un accord de défense stratégique. Bujumbura a déployé des milliers de soldats pour soutenir les FARDC et sécuriser leur frontière commune. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre d’une réponse régionale aux menaces posées par les ADF et l’AFC/M23. Cependant, les récents affrontements à Masisi et les attaques meurtrières à Mbau (plus de 15 civils tués) montrent que la pression militaire ne suffit pas sans une volonté politique commune.

Le ministre Anzuluni a salué les efforts humanitaires du Burundi, notamment l’accueil de réfugiés congolais dans ses camps. Il a également évoqué la préparation d’une réunion de la Troïka de la CIRGL pour évaluer la situation et les contributions statutaires des États membres. « La stabilité des Grands Lacs dépend d’une action coordonnée », a-t-il insisté.

L’impasse diplomatique et ses conséquences humanitaires

Les médiateurs internationaux, dont les États-Unis et le Qatar, peinent à faire avancer le processus de paix. Les parties interprètent différemment les termes de l’Accord de Washington, bloquant toute avancée concrète. Les réunions de Doha et les discussions de Montreux (avril 2026) n’ont pas permis de désamorcer la crise. Résultat : les civils paient un lourd tribut. Les ADF, actifs dans la Tshopo, ont vidé 12 villages autour de Bafwasende, forçant des milliers de personnes à fuir vers des zones encore plus instables.

Face à cette impasse, le Burundi, actuellement à la tête de l’Union africaine, réaffirme son engagement pour la paix. « Le président Évariste Ndayishimiye a fixé comme priorité de faire taire les armes sur le continent », a rappelé le ministre Bizimana. Une déclaration qui résonne comme un appel désespéré à l’action internationale.

Photo : Édouard Bizimana (à gauche) et Floribert Anzuluni lors de leur entretien à Bujumbura.