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Un milliard de dollars fait basculer Oryx Energies : le négoce pétrolier africain entre dans une nouvelle ère

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Le 7 octobre 2026 restera comme la date où tout a changé pour Oryx Energies. Le négociant suisse en hydrocarbures, pilier du marché énergétique africain depuis plus de trente ans, vient de passer sous un nouvel actionnariat pour près d’un milliard de dollars. Un basculement stratégique qui redistribue les cartes du négoce pétrolier sur le continent et confirme l’appétit grandissant des investisseurs pour les infrastructures énergétiques africaines.

Une opération qui fait rupture dans le paysage énergétique

L’annonce a fait l’effet d’un séisme dans le secteur. Oryx Energies a été cédé pour environ un milliard de dollars, après des mois de spéculations sur l’avenir du groupe. Le mouvement marque une rupture nette : celle d’un actionnariat historique qui cède la place à de nouveaux capitaux, prêts à accélérer sur les marchés africains.

Les prémices de ce tournant remontent à avril 2026, lorsqu’il était fait état de la volonté du directeur général d’Oryx Energies, Moussa Diao, de prendre le contrôle de l’entreprise fondée par l’homme d’affaires suisse Jean-Claude Gandur. L’opération finalement annoncée entérine donc cette évolution et ouvre un nouveau chapitre pour un groupe devenu incontournable sur plusieurs marchés du continent.

Bien plus qu’un simple négociant en pétrole

Derrière l’étiquette de « trader » se cache une réalité bien plus large. Oryx Energies revendique une présence dans plus de vingt pays d’Afrique subsaharienne et emploie plus de 1 800 collaborateurs. Ses activités couvrent les carburants, le gaz de pétrole liquéfié (GPL), les lubrifiants, le soutage maritime, le transport, le stockage et la distribution.

Le groupe s’appuie sur un réseau d’infrastructures conçu pour sécuriser l’approvisionnement de ses marchés. Son modèle repose sur une chaîne intégrée, de l’approvisionnement international jusqu’à la distribution locale, en passant par le stockage et le transport. Un atout de taille dans des économies africaines largement dépendantes des importations de produits raffinés.

Un ancrage africain construit sur trois décennies

L’histoire d’Oryx Energies épouse celle du marché énergétique africain. Le groupe est né des activités d’AOG, le conglomérat fondé par Jean-Claude Gandur. En 2013, les activités de trading et de distribution ont été regroupées sous la marque Oryx Energies pour créer une plateforme intégrée couvrant l’approvisionnement, le stockage et la distribution.

Depuis, l’entreprise n’a cessé de renforcer son implantation, portée par une demande énergétique en pleine expansion, stimulée par la croissance démographique, l’urbanisation et le développement industriel. Oryx fournit notamment des carburants aux entreprises, aux secteurs du transport et de la construction, ainsi que du GPL pour les ménages et les usages industriels.

Le GPL, un levier stratégique pour l’avenir

Parmi les activités du groupe, le GPL occupe une place à part. Son développement répond à un double enjeu : satisfaire une demande énergétique croissante et réduire la dépendance de nombreuses populations au charbon de bois et au bois de chauffage.

La Tanzanie illustre parfaitement cette dynamique. En mai 2026, des discussions avancées entre Oryx Energies et le groupe tanzanien Amsons portaient sur certains actifs d’Oryx dans le pays, pour une transaction estimée à 250 millions de dollars. Elle concernait notamment les activités de carburants et de GPL, ainsi qu’une participation dans l’infrastructure de stockage pétrolier TIPER. Un signe qui ne trompait pas sur la valeur stratégique des actifs africains du groupe.

Pourquoi une valorisation à un milliard de dollars ?

Le montant d’un milliard de dollars ne se résume pas aux volumes de produits pétroliers négociés. Il reflète la valeur des infrastructures, des réseaux de distribution, des contrats commerciaux et de l’ancrage local patiemment construit.

Oryx affirme aujourd’hui vendre 9,44 millions de tonnes de produits par an et disposer d’une capacité totale de stockage de 947 276 mètres cubes. Ces actifs constituent une barrière à l’entrée redoutable pour de nouveaux concurrents : construire des terminaux, obtenir les autorisations réglementaires, développer un réseau commercial et gagner la confiance des clients industriels exige des années et des investissements considérables.

Dans ce contexte, racheter un acteur déjà implanté permet à un investisseur de s’offrir instantanément une position significative sur plusieurs marchés.

Des conséquences bien réelles pour l’Afrique

Au-delà de l’aspect financier, cette cession pourrait profondément remodeler le secteur énergétique africain. L’arrivée d’un nouvel actionnaire pourrait accélérer les investissements dans les infrastructures, renforcer certaines positions régionales ou entraîner une réorganisation des activités du groupe.

Le contexte international pèse également. Les marchés africains restent exposés aux fluctuations des cours mondiaux du pétrole, aux coûts du transport maritime et aux tensions géopolitiques. Dans cet environnement, disposer de capacités de stockage et d’un réseau de distribution diversifié constitue un avantage stratégique déterminant.

Une nouvelle page s’ouvre pour Oryx Energies

La vente d’Oryx Energies pour un milliard de dollars dépasse le cadre d’une simple transaction. Elle clôt une ère, celle d’un groupe bâti autour de la vision de Jean-Claude Gandur, et en ouvre une nouvelle.

L’enjeu sera désormais de savoir quelle stratégie les nouveaux propriétaires entendront imprimer : poursuivre l’expansion, renforcer les infrastructures, consolider les positions existantes ou accélérer la diversification.

Une chose est sûre : en changeant de mains pour un milliard de dollars, Oryx Energies confirme l’importance stratégique des infrastructures énergétiques africaines. Sur un continent où la demande d’énergie ne cesse de croître, les entreprises capables de relier efficacement les marchés internationaux aux consommateurs locaux attirent désormais des investisseurs prêts à mobiliser des capitaux considérables.

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Charles Mbami

Journaliste