Tragédie sur le lac Tchad : des dizaines de pêcheurs victimes de raids aériens
L’armée du Tchad a mené une série d’offensives aériennes contre des positions terroristes dans le nord-est du Nigeria. Ces opérations, entamées il y a trois jours, auraient causé la mort de nombreux pêcheurs nigérians sur le lac Tchad, selon des informations rapportées par des témoins locaux et des groupes d’autodéfense.
Bien que l’opération militaire soit toujours en cours, rendant le décompte des victimes complexe, les rapports font état d’une situation alarmante. Depuis vendredi, les forces aériennes tchadiennes ciblent des îles contrôlées par Boko Haram. Cette riposte fait suite à une attaque meurtrière survenue le 4 mai contre une base militaire au Tchad, ayant entraîné le décès d’au moins 24 soldats.
Des pêcheurs civils pris au piège des combats
Les frappes se sont concentrées sur l’île de Shuwa, un point névralgique situé aux confins des frontières lacustres du Nigeria, du Niger et du Tchad. Ce bastion de Boko Haram est également une zone de pêche très fréquentée par des civils nigérians. Ces derniers sont contraints de payer un impôt au groupe jihadiste pour pouvoir travailler dans ces eaux riches en ressources halieutiques.
Un responsable syndical a indiqué qu’environ 40 pêcheurs sont actuellement portés disparus, craignant qu’ils ne se soient noyés durant les bombardements. Des survivants, originaires de localités comme Doron Baga ou de l’État de Taraba, confirment que les pertes civiles sont lourdes.
Un contexte sécuritaire tendu sur le lac Tchad
Ce n’est pas la première fois que des opérations contre Boko Haram entraînent des dommages collatéraux. En octobre 2024, des événements similaires s’étaient produits sur l’île de Tilma. À l’époque, après la perte de 40 militaires, des raids de représailles avaient touché des civils, bien que l’état-major tchadien ait réfuté avoir visé délibérément des innocents.
L’insurrection menée par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) a déjà coûté la vie à plus de 40 000 personnes et provoqué le déplacement de deux millions d’individus selon l’ONU. Pour contrer cette menace, une force multinationale mixte regroupant le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger avait été mobilisée, bien que le Niger se soit retiré de cette alliance en 2025.