Togo : la polémique enfle après l’arrêt de la CEDEAO sur le changement constitutionnel
Togo : la polémique enfle après l’arrêt de la CEDEAO sur le changement constitutionnel
L’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO concernant la révision constitutionnelle au Togo continue de susciter des réactions contrastées à Lomé. Alors que l’exécutif togolais rejette catégoriquement cette décision, l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) dénonce un véritable « gangstérisme d’État ».
Lomé invoque l’incompétence de la CEDEAO
Pour justifier son rejet de l’arrêt communautaire, le gouvernement togolais s’appuie sur un argument juridique : la Cour de justice de la CEDEAO n’aurait « aucune compétence pour contrôler la constitutionnalité du droit interne ou juger un pouvoir constituant national ». Une stratégie visant à vider l’arrêt de sa portée juridique sur le plan national.
L’ASVITTO contre-attaque : « Un déni de l’évidence »
La société civile togolaise ne partage pas cette analyse. Sur le réseau social X, l’ASVITTO a vivement réagi, qualifiant la manœuvre de « coup d’État constitutionnel » et affirmant que ses instigateurs seraient désormais « plongés dans leur angoisse en attendant leur sortie ».
L’association dénonce un « déni de l’évidence », rappelant que les autorités togolaises ont une longue histoire de mépris envers les décisions de la CEDEAO :
« Ce qui est constant, c’est leur attitude récurrente de non-respect et de manque total de considération pour les décisions de la CEDEAO. »
L’ASVITTO cite notamment le cas des détenus politiques toujours emprisonnés à Lomé, en dépit des multiples arrêts communautaires exigeant leur libération immédiate.
Un appel pressant à la CEDEAO pour mettre fin au « gangstérisme d’État »
L’association ne compte pas en rester là et interpelle directement les instances régionales. Elle exige de la CEDEAO qu’elle « administre la thérapie efficace contre la pathologie togolaise » pour faire appliquer l’arrêt n° ECW/CCJ/JUD/01/26, rendu en janvier dernier.
Cet arrêt avait alors jugé la réforme constitutionnelle de 2024 incompatible avec la Charte africaine des droits de l’homme et de la gouvernance. Pour l’ASVITTO, il est urgent de « mettre fin à cette forme de gangstérisme d’État dans la sous-région ».
Une impasse politique aux conséquences dramatiques
À ce jour, le dialogue entre les parties semble bloqué : d’un côté, un pouvoir qui s’abrite derrière des arguments juridiques ; de l’autre, une société civile qui dénonce l’incapacité du gouvernement à respecter ses engagements internationaux.
Pendant que les débats s’enlisent, la décision de la CEDEAO reste lettre morte, laissant des détenus toujours incarcérés dans l’attente d’une issue concrète à leur situation.