Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Actualités

Togo : 43 organisations africaines attaquent la révision constitutionnelle devant la CEDEAO et l’UA

Faure Gnassingbé lors de la 68e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO à Abuja, le 14 décembre 2025.

Togo : une coalition de 43 organisations africaines contre la révision constitutionnelle portée par Faure Gnassingbé

Une alliance regroupant 43 structures issues du continent africain a décidé de saisir conjointement la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ainsi que l’Union africaine (UA) pour contester la récente révision de la Constitution togolaise. Cette initiative, portée par des acteurs de la société civile et des militants des droits humains, vise à alerter les institutions régionales sur les risques démocratiques liés à cette réforme.

Les raisons de ce recours juridique et politique

Les signataires de cette démarche dénoncent une manœuvre visant à pérenniser le pouvoir en place. Selon eux, les modifications apportées à la loi fondamentale togolaise affaiblissent les garde-fous démocratiques et pourraient favoriser des pratiques autoritaires. Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, est au cœur de ces critiques, accusé de vouloir consolider son emprise sur les institutions.

Parmi les points les plus contestés figurent :

  • la possibilité de remplacer les élections présidentielles par un référendum pour valider le mandat en cours ;
  • la réduction des contre-pouvoirs institutionnels ;
  • une centralisation accrue du pouvoir exécutif.

Une mobilisation sans précédent en Afrique de l’Ouest

Cette coalition, qui rassemble des associations de défense des libertés, des syndicats et des plateformes panafricaines, marque un tournant dans la pression exercée sur les autorités togolaises. Les organisations impliquées proviennent de plusieurs pays, dont le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, soulignant l’ampleur régionale de la contestation.

Les initiateurs de cette action estiment que la CEDEAO et l’UA ont un rôle clé à jouer pour garantir le respect des principes démocratiques dans la sous-région. Ils appellent ces instances à intervenir rapidement pour éviter une dérive autoritaire au Togo.

Réactions attendues des institutions régionales

La saisine des deux organisations africaines ouvre désormais une phase de consultations et d’enquêtes. Les responsables de la CEDEAO et de l’UA doivent analyser la conformité de la réforme togolaise avec les standards démocratiques définis par ces institutions. Une décision pourrait intervenir dans les prochains mois, avec des conséquences potentielles sur les relations diplomatiques avec le Togo.

Cette initiative rappelle d’autres crises politiques récentes en Afrique de l’Ouest, où les modifications constitutionnelles ont souvent été source de tensions. Les observateurs s’interrogent : la pression de la société civile et des partenaires régionaux suffira-t-elle à faire reculer les autorités togolaises ?