Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Actualités

Tensions politiques en RDC : Kabuya et Mbata s’affrontent avant la marche de la C64

Tensions politiques en RDC : Kabuya et Mbata s’affrontent avant la marche de la C64

Les relations entre Augustin Kabuya et André Mbata, deux figures majeures de la majorité présidentielle en RDC, atteignent un point critique à l’approche de la marche prévue par la Coalition article 64 (C64) pour le 22 juillet. Cette manifestation, qui vise le Palais de la Nation à Kinshasa, exige la démission du président Félix Tshisekedi pour « trahison de son serment constitutionnel », après l’annonce de son projet de modification de la Constitution de 2006.

Les deux dirigeants, pourtant membres de l’Union sacrée de la nation (USN) et de l’UDPS (parti au pouvoir), s’opposent ouvertement sur la stratégie à adopter face à cette mobilisation de l’opposition. Leurs désaccords révèlent des fractures profondes au sein de la majorité présidentielle, à moins de deux ans des élections de 2028.

Mbata appelle à une contre-manifestation, Kabuya prône l’abstention

Depuis Yaoundé, où il effectue une mission parlementaire, André Mbata, secrétaire permanent de l’USN et professeur de droit constitutionnel, a lancé un appel pressant aux membres de la plateforme présidentielle. Il les invite à organiser des contre-marches « dans les chefs-lieux des 25 provinces de la RDC ainsi qu’à l’étranger », pour manifester leur opposition à ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ».

Dans un communiqué diffusé mardi 13 juillet, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS et président intérimaire du parti, a adopté une position diamétralement opposée. Il a formellement déconseillé à ses militants de participer à toute action de rue le 22 juillet, affirmant qu’aucune marche n’était prévue à cette date. Kabuya a également mis en garde contre l’utilisation des itinéraires empruntés par l’opposition.

« Il n’y a aucune marche prévue à cette date et il ne faut pas emprunter les itinéraires qui seront utilisés par l’opposition lors de sa marche », a-t-il déclaré dans un message qualifié de « démobilisateur » par ses détracteurs.

Une réponse cinglante de Mbata à Kabuya

La réplique de Mbata n’a pas tardé. Dans un communiqué au ton particulièrement vif, le député national a rejeté les propos de Kabuya, affirmant que l’USN, qui regroupe plus de 900 partis et associations, ne pouvait être réduite à la position d’un seul de ses membres. Il a qualifié de « politiquement incorrecte » la déclaration de Kabuya, soulignant qu’elle n’engageait que son auteur.

Mbata a vivement critiqué le silence de l’USN face à ce qu’il considère comme une tentative de déstabilisation de la part de l’opposition. « Les membres de l’USN devraient superbement ignorer tout message en dehors de celui qui leur sera communiqué par le Secrétaire permanent, porte-parole officiel de la plateforme », a-t-il conclu, réaffirmant ainsi son autorité au sein de l’Union sacrée.

Un conflit aux racines anciennes

Cette rivalité entre Kabuya et Mbata n’est pas nouvelle. En 2024, Mbata avait déjà pris ses distances avec Kabuya, alors en désaccord avec Déo Bizibu, son adjoint à la tête de l’UDPS. Leur opposition s’est cristallisée lors de l’élection du gouverneur du Sankuru en avril 2026. Kabuya avait soutenu un candidat, tandis que Mbata avait activement milité pour la victoire de Jules Lodi Emongo, qui a finalement remporté le scrutin.

Après cette défaite politique, Kabuya avait accusé Mbata d’avoir détourné des fonds destinés aux militants de l’UDPS, ordonnant même la suspension des cotisations versées à son encontre. Cet épisode illustre les luttes internes qui minent l’Union sacrée, révélant des ambitions personnelles et des rivalités de leadership à quelques mois seulement des élections de 2028.

Manifestation de l’opposition dispersée par la police

Les tensions entre ces deux figures de la majorité reflètent une crise de gouvernance plus large au sein de l’USN. Alors que le pays se prépare pour un scrutin décisif, ces divisions risquent d’affaiblir considérablement la position du camp présidentiel face à une opposition déterminée à faire entendre sa voix dans la rue.