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Politique

Tensions diplomatiques autour de Sebta et Melilla : le PP exige des comptes à Madrid

La controverse autour des enclaves de Sebta et Melilla continue de s’intensifier à Madrid, alimentée par les récentes déclarations du ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi. Ce dossier sensible, ravivé par un afflux migratoire majeur survenu dans la nuit du 30 au 31 juillet 2026, provoque des remous politiques en Espagne.

Jaime de los Santos

Jaime de los Santos

Les prises de position d’Abdellatif Ouahbi ne sont pas étrangères aux controverses, mais leur écho jusqu’au Parlement espagnol souligne la sensibilité du dossier qu’il a choisi de remettre sur la table.

Le ministre marocain avait récemment affirmé, lors d’un entretien, la volonté de Rabat d’engager des discussions avec Madrid concernant le statut de ces deux villes, qu’il revendique comme marocaines. Il a souligné que ce sujet crucial demeurait « sur la table », privilégiant une approche de dialogue et de persévérance. Le ministre avait également renvoyé l’Espagne à ses obligations en matière de gestion de la crise migratoire survenue fin juillet, notamment le retour des mineurs marocains non accompagnés, rappelant que le Royaume ne saurait endosser le rôle exclusif de gendarme migratoire pour l’Europe.

En réponse à ces propos et à la gestion des flux migratoires, le Parti Populaire (PP) est intervenu fermement. Ce jeudi 13 août 2026, la formation politique a officiellement réclamé au gouvernement de Pedro Sánchez la convocation immédiate de l’ambassadrice du Maroc pour des consultations officielles.

Lors d’une visite à Barcelone, le député populaire Jaime de los Santos a interpellé l’exécutif en rappelant un précédent récent. Il a mis en évidence le fait que Madrid n’avait pas hésité à convoquer l’ambassadeur d’Italie suite à la suspension de l’accord de Schengen par Rome. Le parlementaire s’est étonné de l’absence d’une démarche similaire envers le Maroc, estimant que l’arrivée massive de migrants à Sebta et les déclarations du ministre marocain sur la souveraineté espagnole sur les deux villes justifiaient amplement une telle action.

Le PP ne s’est pas limité à cette seule requête. Le parti a également déposé une série de questions écrites au Congrès des députés. Celles-ci enjoignent le ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolaños, de fournir des explications détaillées sur les échanges qu’il a eus avec son homologue marocain depuis la crise migratoire d’il y a deux semaines, ainsi que sur les suites données aux déclarations d’Abdellatif Ouahbi concernant le statut des enclaves.

Un autre point de discorde soulevé par le parti conservateur concerne la prétendue menace, émise par le ministre marocain, de suspendre l’accord d’extradition liant Rabat et Madrid. Le PP considère cet instrument comme absolument indispensable pour organiser le rapatriement des individus ayant traversé la frontière.

Ce dossier diplomatique complexe est donc loin d’être résolu. Tandis que l’opposition espagnole tente de capitaliser sur cet épisode pour affaiblir l’exécutif, le gouvernement de Pedro Sánchez, pour sa part, ne semble pas vouloir céder aux pressions de fermeté réclamées par la droite.