Tchad : la libération de 150 détenus de Klessoum, un bol d’air pour des familles et un défi pour la justice
La remise collective de peines accordée par le président Mahamat Idriss Deby Itno a permis à 150 condamnés de la maison d’arrêt de Klessoum de recouvrer la liberté. Pour leurs proches, c’est un soulagement immédiat ; pour l’économie locale et le système pénitentiaire, les conséquences se mesureront dans les mois à venir.
Une grâce présidentielle aux effets immédiats sur les familles
Ce mercredi 16 septembre 2026, la ministre de la Justice, Garde des sceaux, chargée des droits humains, Mme Ndolenodji Alixe Naïmbaye, a présidé la cérémonie officielle de remise collective des peines au profit des condamnés de la Maison d’arrêt et de correction de Klessoum. Cette mesure découle du décret N°2151/PR/2026, signé le 14 août 2026 par le chef de l’État. Au total, 150 détenus ont été libérés, leurs peines résiduelles étant désormais entièrement purgées.
Pour les familles concernées, l’impact est concret : un soutien de famille retrouve sa place, des charges allégées, une vie sociale qui reprend. La cérémonie, qui s’est tenue dans les locaux de l’établissement, a rassemblé le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de N’Djamena, le Président du tribunal de grande instance, le Procureur Général près la cour d’appel de N’Djamena, le Secrétaire général du ministère de la Justice, ainsi que des responsables des forces de défense et de sécurité et de la société civile.
Une décision saluée comme un acte d’humanité
Dans son allocution, la ministre de la Justice a rendu un vibrant hommage au chef de l’État qui, pour des considérations d’humanité et d’équité, a décidé d’accorder sa clémence à des concitoyens faisant l’objet de décisions pénales définitives et exécutoires. « En effet, pour le Maréchal du Tchad, tout citoyen mérite une justice compétente, rapide, accessible et équitable », a-t-elle affirmé.
Elle a rappelé que la grâce est un privilège régalien prévu par la Constitution, souvent utilisé par le Président de la République dans de nombreuses circonstances en faveur de milliers de condamnés, dont les peines sont soit remises totalement, soit substituées à des peines plus légères.
Un décret pour alléger les peines et les prisons
C’est dans ce contexte que le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, en sa qualité de père de la nation, a pris le décret N°2151/2026 du 14 août 2026 portant remise collective de peines. La ministre a salué cet acte, précisant qu’il s’agit d’« un acte empreint d’humanisme et de compassion dont nous procédons solennellement à l’exécution ce jour », ajoutant qu’il s’agit « plus qu’un événement, un temps fort où certains de nos concitoyens condamnés définitifs de droit commun bénéficieront d’une réduction partielle et échelonnée du quantum de leurs peines privatives de liberté voire d’une libération ».
L’application immédiate du barème légal fixé par ce texte réglementaire a entraîné la libération d’office de 150 détenus. Une bouffée d’oxygène pour un système pénitentiaire souvent confronté à la surpopulation, avec des répercussions directes sur les conditions de détention des autres prisonniers.
Des effets limités aux peines d’emprisonnement
La ministre a souligné que cette décision répond aux exigences fondamentales de la politique publique de la justice et de l’administration pénitentiaire à plusieurs égards. D’une part, elle procède d’une volonté affirmée d’humaniser les conditions de détention et d’un aménagement pragmatique de l’exécution des peines ; d’autre part, elle traduit une clémence ciblée mais positive.
Ndolenodji Alixe Naïmbaye a toutefois rappelé que cette mesure s’applique exclusivement à la sanction pénale d’emprisonnement et ne saurait effacer les droits de l’État, des parties civiles et des tiers. Un point crucial pour les victimes et les créanciers, qui conservent leurs prérogatives.
Modernisation de la justice : un chantier qui se poursuit
Au nom du gouvernement, la ministre a réaffirmé la détermination de son département à poursuivre la modernisation des institutions de la justice et la consolidation de l’État de droit, avec l’appui des partenaires dont elle a salué l’engagement constant.
Lors de cette cérémonie, des attestations de mise en liberté ont été remises aux désormais ex-détenus, marquant un moment de joie et d’émotion avant une photo de famille immortalisant l’événement. Pour les 150 personnes concernées, comme pour leurs familles et leurs communautés, cette libération ouvre une nouvelle page — avec son lot d’espoirs et de défis de réinsertion.