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Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

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Souveraineté et impunité : le trio Mali Burkina Faso Niger tourne le dos à la CPI

En une séquence éclair, trois capitales sahéliennes ont scellé leur rupture avec la justice internationale. Bamako, Ouagadougou et Niamey ont chacun franchi une étape décisive en notifiant leur retrait définitif de la Cour pénale internationale. Une décision qui, derrière un discours enflammé sur la « souveraineté nationale », cache une volonté farouche d’échapper aux comptes à rendre.

L’alliance des juntes face à la justice universelle

L’Alliance des États du Sahel (AES), née de la convergence des régimes militaires, a choisi de faire front commun contre ce qu’elle qualifie de « justice biaisée ». Pourtant, les motivations réelles de ce divorce juridique sont bien moins nobles. En effet, derrière le paravent d’un discours souverainiste se profile une stratégie éprouvée : celle de l’impunité institutionnalisée. Pour des juntes aux commandes depuis des coups d’État, la peur d’un procès international n’est pas une hypothèse lointaine. Elle est bien réelle.

La CPI, un rempart contre l’impunité que ces régimes veulent détruire

Conçue pour juger les crimes les plus graves — crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocides — la CPI intervient lorsque les systèmes judiciaires locaux faillent. Or, dans le Sahel, les rapports des observateurs indépendants se multiplient : ils dénoncent non seulement les exactions des groupes armés, mais aussi celles perpétrées par les forces de sécurité nationales et leurs alliés. Au Mali, les mercenaires du groupe Wagner, en soutien aux autorités, sont régulièrement accusés de violences systématiques. Dans ce contexte, le retrait de la CPI équivaut à une immunité de fait pour les dirigeants et leurs affidés.

Une rhétorique usée pour justifier l’injustifiable

L’argument d’une « justice sélective » visant l’Afrique a longtemps circulé, mais il perd toute crédibilité aujourd’hui. La CPI a étendu son champ d’action bien au-delà du continent africain, prouvant qu’elle ne cible pas une région en particulier. En vérité, l’histoire montre que les États qui claquent la porte à la Haye le font presque toujours par crainte d’être jugés. Le Burundi avait ouvert la voie en 2017, sous la présidence de Pierre Nkurunziza, alors que son régime était éclaboussé par des violences massives. Les juntes du Sahel reproduisent aujourd’hui le même schéma : répression des opposants, contrôle strict des médias, étouffement de la société civile et rejet des mécanismes de surveillance internationale.

Les civils, premières victimes d’un recul historique

Ce repli sur soi n’est pas anodin. Il se traduit par une privation de droits pour les populations locales, déjà meurtries par des années de conflits. En se soustrayant à la CPI, les régimes de l’AES envoient un message clair : leur pouvoir prime sur la justice, et la violence d’État peut désormais s’exercer sans crainte de représailles. Pourtant, l’histoire enseigne que l’impunité n’a jamais assuré la stabilité d’un régime autoritaire. Elle ne fait que retarder l’inévitable, en alourdissant la dette morale et humaine de ces dictatures.

Les procédures déjà engagées contre ces pays ou leurs dirigeants restent théoriquement valables, mais le retrait actuel fragilise considérablement leur application. Pour les citoyens sahéliens, cette décision représente une nouvelle trahison : celle d’un État qui renonce à protéger ses propres populations au nom d’une souveraineté mal comprise.