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Soutien de l’union africaine au Mali face aux défis sécuritaires

L’Union africaine maintient son appui au Mali malgré les tensions

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a effectué une visite officielle à Bamako pour réitérer l’engagement de l’organisation en faveur du Mali. Malgré la suspension du pays en 2021 à la suite du coup d’État, l’UA refuse de tourner le dos à Bamako. Cette décision s’explique par la conviction que la stabilité du Mali est un enjeu de sécurité pour l’ensemble du continent africain. L’organisation panafricaine persiste dans sa démarche diplomatique, s’appuyant sur son représentant spécial pour le Mali et le Sahel ainsi que sur la Mission de l’UA pour le Sahel et le Mali (MISAHEL) pour maintenir le dialogue.

Monument à Bamako rendant hommage à l'armée malienne après des attaques rebelles (illustration)

Un soutien politique qui appelle à des actes concrets

Lors de cette visite, Mahmoud Ali Youssouf a exprimé la pleine solidarité de l’UA avec le Mali, confronté à des attaques armées répétées. Cependant, pour Alioune Tine, expert indépendant et fondateur de l’Africa Jom Center, cette solidarité doit se traduire par des actions tangibles. Selon lui, l’UA doit mobiliser davantage les pays membres capables de fournir un appui logistique et militaire, afin de renforcer les capacités du Mali dans sa lutte contre le terrorisme. « Il est essentiel que le président de la Commission de l’UA manifeste cette solidarité de manière plus active, en sensibilisant les États disposant de ressources à apporter leur aide et en envisageant l’envoi de troupes africaines », souligne-t-il.

Combattants du MNLA lors d'un congrès à Kidal en 2022 (illustration)

Les limites d’une approche diplomatique

L’UA continue de privilégier le dialogue et les solutions politiques pour résoudre la crise malienne, malgré le rejet de l’Accord d’Alger de 2015 par les autorités de Bamako. La situation se complexifie avec l’alliance entre les séparatistes du Nord et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). L’organisation africaine considère cette coalition comme une menace majeure et refuse de reconnaître ses revendications ou ses offensives. Aly Tounkara, du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, met en lumière les difficultés structurelles auxquelles l’UA est confrontée :

« L’efficacité de l’Union africaine reste limitée par les divergences entre ses membres, notamment sur la question malienne. Il est peu probable que l’organisation puisse apporter un soutien militaire ou en renseignement, faute d’un consensus entre les États. De plus, sa dépendance envers les bailleurs de fonds extra-sahéliens restreint considérablement sa marge de manœuvre »

Entre volonté de maintenir l’unité territoriale du Mali et contraintes politiques internes, l’UA tente de concilier diplomatie et réalités du terrain. Cette visite de Mahmoud Ali Youssouf soulève une question cruciale : marquera-t-elle une simple démonstration de solidarité ou le début d’un engagement plus concret aux côtés du Mali et des autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ?