Sénégal : la rupture Bassirou Diomaye Faye-Ousmane Sonko, un simple écran de fumée ?
Les deux figures, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, partageaient une même position concernant la présence du Président au sein du Conseil supérieur de la magistrature, malgré la promesse initiale de réformer ce point crucial.
De même, ils ont collectivement négligé de lancer les appels à candidature pour les postes de direction, une initiative pourtant clairement énoncée dans leur programme politique.
L’engagement d’abroger la loi d’amnistie n’a pas été concrétisé ; cette législation demeure inchangée.
Quant aux fonds politiques, leur partage s’est déroulé en toute discrétion, alors qu’une réforme pour leur encadrement était à portée de main, ne requérant qu’une majorité parlementaire, majorité qu’ils avaient acquise peu après leur prise de fonction à l’Assemblée Nationale.
Il est frappant de constater qu’une certaine inertie réformiste a prévalu durant la période où Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye opéraient de concert. Aujourd’hui, un empressement inattendu se manifeste pour des réformes qui auraient pu être initiées et menées à bien bien plus tôt.
L’Assemblée Nationale, pilier de la République, doit s’élever au-dessus des querelles personnelles, des prises de position opportunistes et de la mise en scène d’une prétendue rupture. Cette dernière ne saurait en aucun cas exonérer les parties de leurs responsabilités conjointes passées.