Retour de Macky Sall à Dakar : polémique et divisions autour d’une visite controversée
Retour de Macky Sall à Dakar : une visite qui attise les tensions politiques
Le retour de Macky Sall au Sénégal, prévu pour le 17 juillet 2026 afin de s’entretenir avec le président Bassirou Diomaye Faye, relance violemment les débats dans le pays. Pour la première fois depuis son départ du palais présidentiel en avril 2024, l’ancien chef de l’État foule à nouveau le sol dakarois, dans un contexte où les accusations de répression sanglante des manifestations entre 2021 et 2024 refont surface.
Dès l’annonce de ce déplacement, des voix se sont élevées pour dénoncer cette visite. Un collectif exigeant justice pour les victimes de cette période a qualifié l’événement d’« indécent ». « Nous exigeons que la vérité éclate et que les responsabilités soient assumées », a déclaré Boubacar Sèye, porte-parole du mouvement. Selon lui, le retour de Macky Sall symbolise « l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire récente du pays ».

Une rencontre qui divise la classe politique
La polémique s’étend bien au-delà des simples réactions citoyennes. À l’Assemblée nationale, le député Guy Marius Sagna, figure de la majorité présidentielle, a vivement critiqué cette rencontre. « Accueillir Macky Sall revient à outrager les familles des victimes et les détenus politiques. C’est tout simplement inadmissible », a-t-il lancé avec fermeté.
En revanche, l’Alliance pour la République (APR), parti de l’ancien président, appelle ses militants à lui réserver un accueil triomphal dès son arrivée à Dakar. Des rassemblements de soutien sont d’ores et déjà organisés pour les 16 et 17 juillet. Sur les réseaux sociaux, Macky Sall lui-même a précisé qu’il quitterait le pays « sans délai » après son entretien avec le chef de l’État actuel.
Une candidature à l’ONU dans la ligne de mire
Cette visite survient alors que Macky Sall brigue le poste de secrétaire général des Nations unies. Sa candidature a été officiellement portée par le Burundi, alors que le Sénégal, son pays d’origine, n’a pas endossé cette initiative. Une démarche qui ajoute une dimension diplomatique supplémentaire à ce retour controversé.
Face aux critiques, la présidence sénégalaise est restée silencieuse. Seul le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a tenté de relativiser la situation. « Il s’agit d’une visite tout à fait normale dans son propre pays », a-t-il affirmé, avant d’ajouter que Macky Sall « n’est l’objet d’aucune accusation, d’aucune poursuite et encore moins d’une condamnation ».