Rénovation de l’ITAF Dème : le Sénégal mise sur son autonomie maritime et scientifique
Le Sénégal accélère sa démarche d’autonomie en matière de recherche maritime avec la réhabilitation prochaine du navire scientifique ITAF Dème. Ce projet s’inscrit dans une volonté claire de renforcer les capacités nationales en océanographie et en halieutique, deux piliers essentiels pour la gestion durable des ressources marines du pays.
Depuis novembre 2022, ce bâtiment, véritable laboratoire flottant, est à l’arrêt. Pourtant, il constitue un outil incontournable pour le Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT), intégré à l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA). Sa remise en service permettrait de relancer des missions scientifiques essentielles pour l’économie bleue du pays.
Un navire au cœur de la souveraineté maritime sénégalaise
Le ITAF Dème n’est pas qu’un simple outil de recherche : il incarne une avancée majeure pour la souveraineté du Sénégal. Grâce à ses campagnes d’évaluation des stocks halieutiques, son suivi des écosystèmes marins et sa collecte de données océanographiques, il permet au pays de se doter de ses propres ressources scientifiques. Une autonomie cruciale dans un contexte où les enjeux maritimes deviennent chaque jour plus stratégiques.
L’immobilisation prolongée de ce navire a cependant freiné considérablement les avancées dans ce domaine. Les campagnes océanographiques et le monitoring des stocks de poissons, autrefois réguliers, ont été interrompus, limitant la capacité du Sénégal à négocier des accords de pêche avantageux ou à anticiper les défis environnementaux.
Une inspection ministérielle pour relancer la dynamique scientifique
Récemment, une délégation ministérielle, menée par le Secrétaire général du Ministère des Pêches et de l’Économie maritime, a inspecté les installations du ITAF Dème au Port autonome de Dakar. La visite, qui s’est tenue en présence du Directeur général de l’ISRA, du Secrétaire général de l’institution et du Directeur du CRODT, avait pour objectif d’évaluer les conditions de sa remise en service.
Le commandant du navire, Seydina Hamza Amar, a présenté un diagnostic technique rassurant. Selon lui, malgré son immobilisation, le bâtiment conserve toutes ses fonctionnalités et pourrait reprendre ses missions scientifiques après une réhabilitation adaptée. Une annonce qui a conforté les autorités dans leur volonté de donner un nouvel élan à la recherche halieutique nationale.
L’État réaffirme son engagement en faveur de l’économie bleue
Lors de cette inspection, le Secrétaire général du Ministère a réitéré l’importance accordée par l’État à la recherche maritime. Il a confirmé que la réhabilitation de l’ITAF Dème s’inscrit dans une stratégie plus large, incluant également l’acquisition d’un nouveau navire de recherche. L’objectif ? Faire du Sénégal un leader régional en matière de gestion durable des ressources marines et de développement de l’économie bleue.
Le secteur de la pêche, crucial pour l’économie nationale, bénéficie d’une attention particulière des plus hautes autorités. La remise en service du ITAF Dème permettrait non seulement de renforcer les capacités scientifiques du pays, mais aussi de sécuriser des données essentielles pour les politiques publiques en matière de pêche et d’environnement marin.
Les alertes du CRODT sur les retards accumulés
Le Directeur du CRODT, Dr Ismaïla Ndour, a salué cette initiative ministérielle, la qualifiant de signal fort en faveur de la recherche halieutique. Il a souligné que l’immobilisation du ITAF Dème a eu des répercussions majeures, tant sur le plan scientifique qu’économique. Sans ce navire, les campagnes d’évaluation des stocks halieutiques, indispensables à la négociation d’accords de pêche équitables, peinent à se dérouler.
Il a également mis en avant l’impact de cette situation sur le leadership régional du Sénégal en océanographie. La sous-région ouest-africaine compte sur les données sénégalaises pour orienter ses politiques de pêche, et leur absence menace la crédibilité du pays en tant que référence scientifique.
Néanmoins, les discussions engagées lors de cette visite ouvrent des perspectives encourageantes. Elles pourraient accélérer la résolution des défis persistants, qu’il s’agisse de modernisation des équipements, d’amélioration des capacités opérationnelles ou de renforcement du suivi des ressources marines.