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Port de Cotonou : le tournant stratégique qui propulse la logistique ouest-africaine

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Dans un contexte régional où la congestion portuaire atteint des sommets, le Port Autonome de Cotonou vient de marquer un tournant décisif. Avec des délais d’attente pour les conteneurs limités à 36-72 heures, la plateforme béninoise s’impose comme une exception qui pourrait bien redéfinir les règles du commerce maritime en Afrique de l’Ouest.

Une performance qui contraste avec la saturation régionale

Alors que plusieurs ports voisins voient leurs navires immobilisés en mer pendant six semaines à deux mois, Cotonou parvient à maintenir une attente avant accostage comprise entre 36 et 72 heures. Cette fluidité relative est d’autant plus remarquable que le taux d’occupation des infrastructures côtières de la sous-région atteint parfois 200 % à 250 %, contre environ 100 % pour le port béninois.

Lors de la rencontre « PAC Média Connect » qui s’est tenue début octobre 2026, Charles Bennett Fayomi, Directeur des opérations portuaires et de la sécurité, a dressé un état des lieux sans détour : « Il y a des ports actuellement où les navires restent bloqués un mois en mer sans que les opérateurs puissent récupérer leurs marchandises. Ici, nous réussissons à garder le cap. »

Un rôle d’exutoire logistique en pleine expansion

Fait notable, cette efficacité opérationnelle se maintient alors même que le port est engagé dans un vaste chantier d’extension. En absorbant une partie du fret dérouté depuis les ports saturés de la région, Cotonou s’affirme comme une alternative stratégique pour le commerce ouest-africain. Cette position d’exutoire pourrait bien constituer un levier de croissance durable pour le corridor béninois.

Des coûts maîtrisés pour les opérateurs économiques

Si l’augmentation des volumes exerce une pression constante sur les chaînes de manutention, les autorités portuaires se veulent rassurantes quant à l’impact financier. Le PAC affirme maintenir des frais annexes et des pénalités de retard parmi les plus bas du marché régional, préservant ainsi la compétitivité du port et de ses usagers.

Ce tournant stratégique, porté par une gestion rigoureuse et une capacité d’adaptation face à la congestion ambiante, place Cotonou en position de force pour capter une part croissante du trafic ouest-africain. Reste à savoir si cette avance pourra être pérennisée à mesure que les volumes continuent d’affluer.

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Alice Ntamag

Journaliste