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Plan humanitaire 2026 en RDC : l’ONU revoit les priorités face à l’épidémie d’Ebola

En RDC, le plan humanitaire 2026 revu à la hausse pour affronter la 17ᵉ épidémie d’Ebola

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la 17ᵉ épidémie d’Ebola, identifiée en mai 2026 dans la province de l’Ituri, redessine les priorités du Plan humanitaire national révisé (HNRP) 2026. Face à cette urgence sanitaire majeure, l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses partenaires ont dû adapter leur réponse pour mieux cibler les populations les plus vulnérables.

Une épidémie qui aggrave la crise humanitaire existante

Depuis son apparition début mai 2026 à Bunia, l’épidémie d’Ebola s’est propagée rapidement dans plusieurs zones de santé des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les foyers les plus actifs se concentrent notamment à Bunia, Rwampara et Mongwalu. Cette flambée épidémique, due à la souche Bundibugyo, s’ajoute à un contexte déjà marqué par :

  • Des conflits armés persistants dans l’est du pays,
  • Une recrudescence du choléra,
  • Une détérioration de l’insécurité alimentaire aiguë, confirmée par l’analyse IPC de mars 2026.

Ces facteurs combinés ont conduit l’ONU à réviser l’estimation des besoins humanitaires, passant de 15 millions à 18,5 millions de personnes en situation de détresse.

Un plan humanitaire 2026 recentré sur 10,8 millions de personnes

Initialement, le gouvernement congolais et la communauté humanitaire avaient lancé, en janvier 2026, un appel de fonds de 1,4 milliard de dollars pour répondre aux besoins vitaux de millions de Congolais. Cependant, les contraintes financières ont forcé une réadaptation du plan. Désormais, l’ONU et ses partenaires concentreront leurs efforts sur 10,8 millions de personnes parmi les plus vulnérables, nécessitant un financement total revu à 2,13 milliards de dollars.

Cette révision répond à une demande pressante d’Eve Bazaiba, ministre d’État en charge des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, qui avait insisté sur la nécessité de réorganiser les priorités face au manque de financements et à l’urgence sanitaire.

Les raisons de cette révision

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA/RDC), l’épidémie d’Ebola agit comme un catalyseur de vulnérabilités déjà existantes. Elle complexifie les opérations de réponse et amplifie les besoins humanitaires, rendant indispensable une mise à jour du plan initial. Les autorités onusiennes soulignent que cette épidémie remet en cause les hypothèses de planification du HNRP 2026, initialement basées sur une aggravation progressive des besoins liés aux conflits, aux catastrophes naturelles et aux urgences sanitaires.

« Cette épidémie de maladie à virus Ebola (MVE) constitue un choc sanitaire majeur qui remet en question les fondements mêmes de notre planification. » — OCHA/RDC

L’organisme ajoute que la situation sécuritaire dans plusieurs zones de santé du Nord-Kivu et du Sud-Kivu s’est dégradée entre décembre 2025 et mars 2026, justifiant une réévaluation des niveaux de sévérité des besoins.

Un financement en péril et des appels urgents

Malgré un taux de financement déjà atteint de 53,3 % pour le plan initial, James Swan, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, a alerté le Conseil de sécurité des Nations Unies sur la nécessité de mobiliser les ressources restantes. Il a également souligné que la réduction des financements humanitaires internationaux, notamment la suspension de l’aide par les États-Unis, aggrave la crise, en particulier dans l’est du pays.

Le Plan de réponse humanitaire 2025 pour la RDC, estimé à 2,54 milliards de dollars, était resté largement sous-financé. Or, les besoins ne cessent de croître, dans un contexte où l’ONU ambitionne d’apporter une assistance à 87 millions de personnes à travers le monde pour 2026, avec un budget global de 23 milliards de dollars.

Perspectives et défis à venir

Face à cette situation, les autorités congolaises et les partenaires humanitaires doivent désormais relever un double défi :

  • Endiguer l’épidémie d’Ebola tout en maintenant les autres services essentiels (santé, nutrition, protection),
  • Mobiliser des financements supplémentaires pour éviter un désengagement des acteurs humanitaires.

La communauté internationale est appelée à réagir rapidement pour éviter que cette crise ne s’aggrave, alors que l’épidémie continue de se propager et que les ressources s’amenuisent.

Un camp de déplacés à Goma, dans l’est de la RDC, reflète l’ampleur de la crise humanitaire.