Pauvreté et mines artisanales au Mali : le combat désespéré des femmes pour survivre
Un drame survenu à Kéniéty, dans le cercle de Kéniéba, a coûté la vie à six femmes ensevelies sous un éboulement. Cette tragédie révèle une vérité glaçante : l’extrême pauvreté qui pousse les mères de famille à risquer leur existence chaque jour pour assurer la survie de leur foyer.
Des conditions de travail extrêmes par nécessité
Travailler dans les mines artisanales du Mali n’est pas un choix, mais une question de survie. Ces femmes, souvent privées d’autres options économiques, s’aventurent dans des sites miniers instables, où les risques d’effondrement sont permanents. Dans la région de Kayes, il n’est pas rare de les voir travailler plus de 12 heures par jour sous un soleil écrasant, pour quelques grammes d’or.
Leur exclusion des galeries les plus rentables les force à exploiter des zones abandonnées ou déjà fragilisées, jugées trop dangereuses par les autres orpailleurs. Ces zones « résiduelles » deviennent des pièges mortels dès que les parois cèdent sous la pression ou l’érosion.
Un cocktail de dangers : santé, exploitation et violences
Les risques ne se limitent pas aux effondrements. Ces femmes manipulent des substances hautement toxiques, comme le mercure, sans aucune protection, s’exposant à des maladies chroniques et irréversibles. Leur précarité les rend également vulnérables aux violences basées sur le genre et à l’exploitation sur les sites miniers.
L’exemple tragique de Kéniéty illustre parfaitement cette réalité. Six femmes, dont deux mariées, ont perdu la vie en grattant les parois d’une ancienne mine chinoise pour récupérer des pépites. Malgré l’intervention rapide des secours locaux, l’ampleur de l’éboulement a rendu toute aide impossible.
Vers une solution durable : sécurisation et alternatives économiques
Pour les habitants de Dialafara, les anciennes mines abandonnées représentent une menace constante. Le départ des sociétés minières sans remblayage adéquat laisse des cratères béants, attirant les populations les plus démunies. La sécurisation des sites et le remblayage systématique sont devenus une priorité pour éviter de nouveaux drames.
Mais au-delà de la sécurisation, c’est l’autonomisation des femmes qui doit être au cœur des solutions. Les autorités maliennes sont appelées à renforcer les programmes sociaux pour les orienter vers des activités génératrices de revenus. Sans une alternative viable à l’orpaillage, la pauvreté continuera de faire des victimes dans les entrailles de la terre malienne.