Paul biya absent plus de 40 jours : le Cameroun entre silence et spéculations
Paul biya absent plus de 40 jours : le Cameroun entre silence et spéculations
Depuis son départ pour un séjour privé en Europe le 7 juin 2026, accompagné de son épouse, le président camerounais Paul Biya n’est toujours pas rentré. Plus de 40 jours se sont écoulés, et aucune communication officielle n’a été diffusée pour éclaircir cette absence prolongée. Cette situation, initialement présentée comme temporaire, alimente les interrogations au sein de la population camerounaise. Les questions fusent : où se trouve le chef de l’État ? Pourquoi une telle discrétion autour de sa santé et de ses déplacements ?
Une absence devenue routinière pour le président camerounais
Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, est régulièrement absent du Cameroun pour des voyages en Europe, notamment en Suisse. Ces séjours, souvent dans des établissements luxueux, contrastent avec son rôle de président d’une nation en développement. La santé fragile du nonagénaire, devenue un sujet de préoccupation, explique en partie ces absences répétées. Comme nombre de dirigeants africains, il préfère se soigner à l’étranger plutôt qu’au Cameroun, où le système de santé reste fragile.
Le mystère entoure son état de santé, classé secret d’État. Sans informations officielles, les rumeurs prennent le relais, tandis que les mécanismes de contrôle tentent de maintenir l’ordre. Les Camerounais s’interrogent : qui dirige réellement le pays en son absence ? Certains n’hésitent pas à évoquer un pilotage automatique des institutions, alimentant les débats sur la légitimité du pouvoir en place.
Qui gouverne vraiment au Cameroun ?
La question revient avec insistance : « Qui assure véritablement la direction du Cameroun ? » Avec un président octogénaire, souvent absent, et une équipe gouvernementale inchangée depuis plus de sept ans, l’incertitude grandit. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute dirige un gouvernement en poste depuis janvier 2019, soit l’équivalent d’un mandat présidentiel complet. Pourtant, aucune restructuration n’a été opérée depuis la réélection de Paul Biya en novembre 2025.
Les critiques fusent, notamment de la part de l’opposition. Le député Jean Michel Nintcheu a même sollicité le Conseil constitutionnel pour constater une éventuelle vacance du pouvoir. Une réaction immédiate du camp présidentiel a suivi : « Le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti », a affirmé le directeur de la propagande du parti au pouvoir. Une phrase qui en dit long sur la détermination à maintenir le statu quo.
Un pays à l’image de son président
Le Cameroun, dirigé par Paul Biya depuis plus de 40 ans, se distingue par ses particularités. C’est l’un des rares pays africains où le président en exercice est le plus âgé du continent, et où le chef de la police nationale, Martin Mbarga Nguélé, a célébré ses 90 ans en juillet 2026. Une longévité qui soulève des interrogations sur la capacité à moderniser un État en pleine mutation.
La stagnation des institutions est frappante. Aucun nouveau gouvernement n’a été formé depuis l’investiture de Paul Biya en novembre 2025. Pire encore, le poste de vice-président, réactivé en avril 2026 après une révision constitutionnelle, reste vacant. Une situation qui illustre l’immobilisme politique et l’attachement à des pratiques héritées d’un autre temps.
Un pouvoir qui ignore les attentes de la population
Les Camerounais, eux, n’en peuvent plus. Ils réclament un président présent, à l’écoute de leurs préoccupations quotidiennes. Pourtant, le message est clair : « Circulez, il n’y a rien à voir ». Une formule qui résume l’arrogance d’un système qui se croit intouchable. Dans ce contexte, les spéculations vont bon train, tandis que les mécanismes de répression se mettent en place pour étouffer toute contestation.
Paul Biya, qui nourrit le rêve de « mourir accroché à son trône », semble déterminé à conclure son règne sans partager le pouvoir. Une fin de mandat qui s’annonce comme un défi pour un pays en quête de renouveau et de stabilité.