Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Le Faso Libre

Actualités du Burkina Faso : politique, sécurité, économie et société, sans compromis éditoriaux.

Actualités

Passeport AES : le processus de déploiement dans les trois pays du Sahel

Passeport AES : où en est son déploiement au Burkina Faso, au Mali et au Niger ?

Un homme tient une pancarte avec l'inscription AES au milieu d'une foule

L’Alliance des États du Sahel (AES) ambitionne de remplacer les passeports de la Cédéao par un nouveau document biométrique. Pourtant, trois ans après son lancement officiel, son déploiement varie considérablement d’un pays à l’autre. Retour sur l’avancement du processus dans chacun des trois États membres : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Un déploiement inégal entre les pays de l’AES

Lancé officiellement en 2025, le passeport AES a pour objectif de renforcer l’intégration régionale et de marquer une étape vers l’autonomie des trois nations. Cependant, les rythmes de mise en œuvre diffèrent fortement.

Au Niger : le passeport AES toujours en attente

Au Niger, le processus reste au point mort. Les demandeurs de passeports continuent d’obtenir des documents estampillés Cédéao, malgré l’annonce du nouveau système. Des témoignages recueillis auprès de la diaspora nigérienne confirment cette réalité.

Un Nigérien vivant à l’étranger explique avoir reçu un passeport Cédéao lors de son renouvellement, alors qu’il s’attendait à un document AES. « J’ai demandé un passeport pour me rendre à La Mecque. À ma grande surprise, on me l’a délivré avec le logo de la Cédéao. Je me suis demandé pourquoi, alors que le passeport AES aurait dû être disponible. » Une autre personne, souhaitant rester anonyme, a vécu la même expérience. Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État, a bien été enrôlé pour la carte d’identité biométrique AES en mars 2026, mais le passeport biométrique AES tarde à être produit localement.

La société libyenne Alitisal Aljadeed a été chargée de la production des nouveaux passeports. Cependant, leur disponibilité sur le territoire nigérien reste incertaine, comme en témoignent les discussions animées sur les réseaux sociaux.

Au Burkina Faso et au Mali : des passeports AES déjà distribués

Contrairement au Niger, les deux autres pays de l’Alliance ont déjà commencé à émettre le nouveau document.

Au Burkina Faso, le passeport AES et la Carte nationale d’identité biométrique AES sont désormais accessibles aux citoyens. Les autorités locales ont accéléré le processus pour offrir ce nouveau support sécurisé et moderne.

Au Mali, bien que des dysfonctionnements initiaux aient été signalés, notamment pour la reconnaissance du passeport AES à l’étranger, la situation s’améliore. Un Malien résidant en France confirme avoir reçu son passeport AES après une demande effectuée auprès du consulat malien. « J’ai suivi la même procédure que pour un passeport classique. Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un passeport AES, reconnaissable à ses symboles distinctifs. » Il a ensuite effectué un voyage aller-retour au Mali sans rencontrer de difficultés.

Un passeport de l'AES

Une transition progressive et sécurisée

Pour l’instant, les anciens passeports Cédéao restent valides jusqu’à leur date d’expiration. Aucun changement n’est imposé aux détenteurs actuels.

Un voyageur ayant obtenu son passeport en 2024 au Mali confirme pouvoir l’utiliser normalement. « Si je devais le renouveler aujourd’hui, je recevrais automatiquement un passeport AES. L’ancien document Cédéao n’est plus émis. »

Le passeport AES se distingue par ses caractéristiques biométriques avancées : puce électronique, page en polycarbonate et conformité aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Ce document vise à lutter contre la fraude et à sécuriser les déplacements internationaux.

Son introduction s’inscrit dans un contexte de retrait progressif de la Cédéao par le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces pays ont également lancé la production de la Carte nationale d’identité biométrique AES, dont la distribution de masse a débuté en 2026. Ce changement symbolise une volonté de souveraineté accrue et une volonté de rupture avec l’organisation régionale historique.

Pour les citoyens, le passage au passeport AES représente une transition nécessaire, bien que certains ajustements soient encore en cours. Une chose est sûre : l’avenir de la mobilité dans l’espace sahelien se dessine désormais sous le signe de l’innovation et de l’autonomie.