Ousmane Sonko dénonce le gaspillage et les blocages sous le régime de Macky Sall
Ousmane Sonko dénonce le gaspillage et les blocages sous le régime de Macky Sall
Lors d’un Conseil interministériel organisé au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé des chiffres accablants sur la gestion des infrastructures et des actifs publics. Ces déclarations, faites lors d’un audit présenté à la Primature, mettent en lumière des dysfonctionnements majeurs dans la réalisation et l’exploitation des projets stratégiques.
Des projets stratégiques paralysés : 245 infrastructures en souffrance
L’audit présenté par la Primature révèle une situation alarmante : 245 projets d’infrastructures et actifs publics sont aujourd’hui bloqués, inachevés ou sous-exploités. Le coût global de ces retards et dysfonctionnements s’élèverait à plus de 5 000 milliards de FCFA, un montant équivalent au budget annuel du pays. « Certains estiment même que ce chiffre frôle le niveau de notre dette publique », a souligné Ousmane Sonko, dénonçant un « gaspillage pur et simple » des ressources nationales.
Parmi les exemples les plus frappants, 62 chantiers sur 94 actuellement en cours sont à l’arrêt. Ces projets, qui représentent un investissement de plus de 5 227 milliards de FCFA, illustrent les dérives d’une gestion inefficace. Le cas du lycée de Sandiara, lancé en 2014 et toujours inachevé, a particulièrement « choqué » le chef du gouvernement. « Douze ans pour construire un lycée ? C’est une aberration ! », a-t-il réagi avec indignation.
Une justice sous pression : Sonko pointe des entraves à la reddition des comptes
Ousmane Sonko a également critiqué le système judiciaire, qu’il accuse de protéger les responsables de l’ancien régime accusés de détournements de fonds publics. « Parfois, j’ai des doutes. Je me demande si ça vaut vraiment la peine de continuer », a-t-il confié, évoquant un « système intact » où les auteurs de prévarications bénéficieraient d’une impunité inquiétante.
Le Premier ministre a dénoncé l’existence de « sabotages judiciaires », impliquant selon lui certains magistrats. « Les dossiers ne leur appartiennent pas, mais au peuple sénégalais », a-t-il rappelé avec fermeté. Il a prévenu qu’il entendait « hausser le ton » dans les semaines à venir pour exiger une justice plus transparente et responsable.
Vers une refonte des pratiques ?
Ces révélations interviennent dans un contexte où le gouvernement actuel cherche à instaurer une culture de la reddition des comptes et de la rigueur budgétaire. Les déclarations d’Ousmane Sonko s’inscrivent dans une volonté affichée de rompre avec les méthodes du passé et de redonner au peuple sénégalais la maîtrise de ses ressources.