Ousmane Sonko critique avec fermeté l’accord FMI-Sénégal
Ousmane Sonko critique avec fermeté l’accord FMI-Sénégal

Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a vivement réagi à l’annonce d’un nouvel accord financier avec le Fonds monétaire international (FMI). Dans un message publié sur sa page Facebook, il met en lumière les zones d’ombre entourant ce partenariat et exige une transparence totale.
Alors que Dakar et le FMI viennent de sceller un accord technique prévoyant un prêt de plus de deux milliards de dollars (environ 1 245 milliards de francs CFA) pour soutenir l’économie sénégalaise, Ousmane Sonko, figure politique majeure du pays, soulève plusieurs interrogations cruciales. « Les annonces officielles restent floues sur les détails concrets de cet accord, ainsi que sur les engagements précis du Sénégal », déclare-t-il.
Quels sont les engagements du Sénégal ?
L’accord entre le FMI et le gouvernement du Sénégal soulève de nombreuses questions. Ousmane Sonko en liste plusieurs, mettant en avant des enjeux majeurs pour la population :
- Gestion de la dette publique : Quels mécanismes seront mis en place pour garantir sa viabilité à long terme ?
- Réformes économiques : Quelles mesures concrètes sont prévues pour assurer la stabilité des finances publiques, protéger les ménages vulnérables et renforcer la mobilisation des ressources internes ?
- Rationalisation des dépenses : Comment seront optimisées les dépenses publiques pour éviter les gaspillages ?
- Protection sociale : Quels dispositifs seront déployés pour sécuriser les populations les plus fragiles ?
- Supervision des entreprises publiques : Quels contrôles seront instaurés pour garantir leur bonne gestion ?
- Environnement des affaires : Quelles réformes seront engagées pour stimuler l’investissement privé ?
- Audits internationaux : Pourquoi les audits de la dette, pourtant exigés, ne sont-ils pas mentionnés ?
« Ces engagements, pris au nom du peuple sénégalais, engagent l’avenir du pays. Il est impératif que les citoyens soient pleinement informés des conditions de cet accord », insiste Ousmane Sonko.
Transparence et débat démocratique
Ayant participé activement aux négociations passées, Ousmane Sonko dénonce le manque de clarté des discussions actuelles. « Les orientations retenues reproduisent les erreurs du passé », confie-t-il. Pour éviter une nouvelle impasse, il exige deux mesures immédiates :
- La publication du mémorandum de politiques économiques et financières, document clé définissant les engagements du Sénégal ;
- À défaut, sa transmission immédiate à l’Assemblée nationale, instance représentative du peuple, afin d’ouvrir un débat transparent et constructif.
Ousmane Sonko rappelle que les grandes lignes de ces engagements pourraient figurer dans la loi de finances rectificative ou le projet de loi de finances pour 2027, qui sera soumis à l’Assemblée nationale en octobre 2026. « Le débat aura lieu. Il doit être large, inclusif et fondé sur des informations vérifiables », conclut-il.