Mon petit prono : l’application qui a séduit des millions de fans pendant la coupe du monde
mon petit prono : l’application qui a séduit des millions de fans pendant la coupe du monde
Avec plus de trois millions d’utilisateurs, l’application Mon Petit Prono est devenue un phénomène incontournable lors de cette Coupe du monde.

France, Espagne, Angleterre ou Argentine : l’une de ces équipes soulèvera le trophée de la Coupe du monde ce dimanche. Mais un autre « vainqueur » a émergé de ce Mondial, moins médiatisé, et pourtant omniprésent. Il ne s’agit pas d’un pays, mais d’une application. Mon Petit Prono, ou MPP, s’est imposée dans les conversations, les bars et les espaces de coworking depuis le début de la compétition. Derrière ces trois lettres se cache un projet né de l’initiative de trois passionnés de football.
Comment fonctionne Mon Petit Prono ?
Mon Petit Prono repose sur un système de ligues. Un utilisateur peut en créer une pour son cercle d’amis, sa famille ou ses collègues, puis partager un lien d’invitation. Chacun peut alors pronostiquer les résultats des matchs avant leur déroulement et prédire le vainqueur du tournoi ainsi que le meilleur buteur. Un classement en temps réel permet de suivre les performances des participants.
Qui sont les utilisateurs de MPP ?
Selon les données disponibles, les principaux utilisateurs de Mon Petit Prono en 2026 sont les étudiants en écoles de commerce, les salariés des grandes entreprises, les familles et les groupes d’amis.
Les raisons d’un succès fulgurant
Pour comprendre l’engouement autour de cette application, nous avons interrogé plusieurs utilisateurs.
Marie participe à trois ligues différentes : avec sa famille, ses amis et ses collègues. Pour elle, c’est une habitude : « Je le fais depuis que je suis en âge de jouer. Avant, j’utilisais une autre application qui n’existe plus. » Chaque ligue a ses particularités, mais celle dédiée au travail lui semble unique : « Ça crée une ambiance, on parle de tout sauf du boulot. Parfois, j’ai de la peine pour ceux qui ne participent pas, on en discute au moins une ou deux fois par jour. »
Matia, en tête du classement de sa ligue, partage son analyse : « Tu n’as pas besoin de t’y connaître pour gagner. Bien sûr, plus tu regardes du foot, plus tu peux anticiper les performances d’une équipe ou deviner si elle a de la chance face à son adversaire. » Camille, quant à elle, apprécie l’ergonomie de l’application : « Elle est très intuitive, même les personnes qui ne suivent pas le foot régulièrement peuvent la comprendre. L’interface est claire et pratique. »
Une application omniprésente dans le quotidien
Les trois personnes interrogées consultent Mon Petit Prono plusieurs fois par jour. Généralement avant et après les matchs, mais pour certains, l’application s’immisce encore plus dans leur routine. Marie confie s’être réveillée à plusieurs reprises en pleine nuit pour vérifier les résultats : « Au début du Mondial, quand il y avait un match nocturne, j’avais le ventre noué avant de dormir. Avec la canicule en plus, je me réveillais à 4h du matin parce que j’avais trop chaud. Je me disais : ‘Il faut que je regarde Mon Petit Prono’. Si je voyais que mon score n’était pas bon, ça pouvait m’empêcher de me rendormir. »
Les dérives possibles
Si cette application peut générer du stress, elle peut aussi être victime de dérives similaires à celles des jeux d’argent. Mon Petit Prono ne propose pas de Paris avec mise financière, mais chaque utilisateur peut organiser sa propre compétition. « Je trouve qu’une fois que l’argent entre en jeu, ça perd de son charme », explique Marie, qui cherche des alternatives. « Dans la ligue avec mes amis, on mise sur un gros barbecue : le gagnant repart avec un pack de bières. »
Une autre dérive concerne les tensions que ce type de jeu peut créer, notamment en entreprise : « Ceux qui ne s’y connaissent pas en foot se font un peu rabaisser. Je suis mauvaise perdante, donc ça peut me stresser », confie-t-elle.
L’histoire de Mon Petit Prono
Le projet Mon Petit Prono trouve ses origines en 2011 sous le nom de « Mon Petit Gazon ». Trois collègues, Martin Jaglin, Benjamin Fouquet et Grégory Rota, unis par leur passion pour le football, décident de créer leur propre plateforme après la fermeture de celle qu’ils utilisaient habituellement. Sans budget ni stratégie marketing, ils se lancent dans cette aventure. Leur première source de données, les notes du média sportif L’Équipe, leur est retirée en 2013. Malgré un essai d’expansion internationale en 2016 avec les noms « My Little Nuts » au Royaume-Uni et « Mi Gran Delantera » en Espagne, le trio parvient à lever un million d’euros en 2018 grâce à des investisseurs tels que Sébastien Bazin, Martin Solveig et Jean-Étienne Amaury.
Les fondateurs quittent alors leurs emplois pour se consacrer pleinement au rebranding de leur marque. En 2022, Mon Petit Gazon est racheté par LFP MEDIA pour un montant estimé entre 20 et 30 millions d’euros. Depuis le 11 juin, Mon Petit Prono connaît une croissance sans précédent avec une hausse de 340 % de téléchargements en huit jours. L’application trône désormais en tête des classements sur les plateformes de téléchargement.